Une étude conjointe menée par des chercheurs de l’Université SWPS de Varsovie et de l’Université du Michigan révèle que l’application cohérente des règles prime sur la sévérité des sanctions, les enfants s’attendant à une impartialité totale de la part des adultes. Les résultats montrent qu’une punition juste apporte un soulagement émotionnel aux enfants, rapporte TopTribune.
Dès leur plus jeune âge, les enfants manifestent une sensibilité aigüe aux injustices sociales, et à l’âge préscolaire, ils peuvent reconnaître des situations de non-respect des règles. Les spécialistes notent qu’au fur et à mesure de leur croissance, leur compréhension de l’équité devient plus complexe, englobant le concept que la punition doit être proportionnelle à la gravité de la faute.
Impartialité et égalité de traitement
Une recherche publiée dans le Journal of Experimental Child Psychology examine la notion d’équité chez 122 enfants de 6 à 9 ans, originaires de Pologne et des États-Unis, et leur réaction face aux violations de règles.
Les enfants ont visionné des histoires illustrées mettant en scène des personnages enfreignant des règles, comme l’utilisation d’un smartphone à l’école. Après chaque histoire, ils devaient déterminer si le personnage méritait une punition et si celle-ci était équitable.
Le phénomène du « effet de primauté » souligne qu’une décision prise par un adulte concernant le premier enfant à enfreindre une règle fixe une norme pour les cas suivants. Si le premier échappe à une sanction, le second s’attend à bénéficier du même traitement, les enfants se référant à des « méta-normes » qui stipulent que les règles doivent s’appliquer de manière équitable à tous.
Plus que la punition ou son absence, les enfants sont sensibles à l’égalité de traitement
Les résultats montrent que lorsque deux personnages d’une même histoire subissent des conséquences différentes, 93 % des enfants réclament un traitement égal. Cela indique qu’ils privilégient l’égalité de traitement sur le simple aspect de la punition, soulignant qu’une inégalité « remet en cause leur sens de la justice », selon Katarzyna Myślińska-Szarek, psycho-sociologue et première auteure de l’étude.
La punition comme un « reset » émotionnel
Cette expérience a également fourni des insights sur la psychologie des émotions, montrant qu’une punition juste peut, bien qu’inconfortable, offrir un sentiment de soulagement à l’enfant sanctionné. Cela lui permet de alléger le fardeau de la culpabilité en faisant face aux conséquences de ses actes.
À l’inverse, échapper à une punition entraîne souvent un sentiment de culpabilité et de tristesse, particulièrement si l’enfant apprend qu’un camarade a été sanctionné pour la même faute après avoir initialement ressenti de la joie pour avoir évité les conséquences.
Les résultats obtenus chez les enfants polonais et américains sont comparables, ce qui conforte l’idée que la sensibilité à l’injustice sociale est universelle et transcende les contextes culturels.
Quelles implications pour les parents et les enseignants ?
Pour établir leur autorité et gagner la confiance des enfants, les adultes doivent faire preuve de constance. Les décisions prises après une transgression établissent une norme que les enfants s’attendent à voir appliquée de manière cohérente. La clarté et la prévisibilité des règles sont évaluées non pas sur la base de la sévérité des sanctions, mais sur l’équité avec laquelle les adultes les appliquent.