Le candidat à l’élection présidentielle Raphaël Glucksmann a été enfariné dimanche soir à Paris juste après sa victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, d’après des images diffusées par plusieurs médias. Sur ces vidéos, le député européen se dirige vers un taxi à la sortie du bar où il célébrait sa victoire, à Paris, lorsqu’une personne positionnée derrière lui vide au niveau de sa tête le contenu d’un paquet de farine. Raphaël Glucksmann s’engouffre alors immédiatement dans la voiture, rapporte TopTribune.
Le soutien de Jordan Bardella
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a apporté son soutien au candidat, dénonçant « une violence inacceptable ». Jordan Bardella sait de quoi il parle, lui qui a été enfariné lors d’une visite à la foire agricole de Vesoul (Haute-Saône), en novembre 2025.
Il n’y a pas de petite agression, pas d’atteinte physique qui soit dérisoire.
Mission apaisement
Auréolé de sa large victoire de plus de 66 % des voix à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann doit désormais apaiser et rassembler une famille politique divisée tout en poursuivant la dynamique actuelle. Sa victoire au premier tour a été accueillie comme une « surprise » et « une bonne nouvelle pour la suite » par le chef des députés PS, Boris Vallaud. Toutefois, la campagne s’annonce difficile, comme l’illustre l’enfarinage du candidat sous les caméras à la sortie du bar parisien.
Une gauche à rassembler
Plus tôt dans la soirée, le leader de Place publique avait souligné être désormais « investi d’une responsabilité immense », s’engageant à « rassembler ». Alors que la campagne de la primaire a été marquée par des débats parfois houleux entre les cinq candidats, l’eurodéputé a pu se féliciter d’une belle photo de famille dimanche soir, où tous étaient présents, y compris Olivier Faure, le patron du PS, lourdement sanctionné par les militants et sympathisants avec seulement 14 % des voix.
« Tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il reconnu, appelant à « forger ensemble cet esprit de victoire ». Ségolène Royal, qui l’avait traité de « stagiaire », lui a souhaité « toute la force qu’il faut pour faire ce rassemblement à gauche qui sera difficile ». Tous ont renouvelé leur engagement à soutenir le vainqueur.
Élargir la campagne sans perdre l’élan
L’enjeu est désormais de faire une place dans la campagne à « toutes les sensibilités et à tous les candidats », en intégrant les propositions des autres dans le programme, selon Jérôme Auslender, un responsable de Place publique. Il a précisé : « On va constituer une équipe large autour de notre candidat » et ensuite « s’élargir au reste de la gauche démocratique ». Toutefois, il ne s’agit pas de négocier pendant des mois avec les autres partis, à l’instar de Benoît Hamon en 2017.
Une « révolution écologiste »
Il s’agit dorénavant d’« entrer dans une dynamique de campagne en s’adressant aux Français », pour poursuivre le mouvement lancé avec la primaire, mais dans une identité clairement sociale-démocrate, selon Jérôme Auslender. Raphaël Glucksmann a lancé « un appel à tous les citoyens écologistes, humanistes » et « républicains » à le rejoindre.
Bien que Marine Tondelier, la chef des Écologistes, ait déploré la victoire de « celui qui fait le choix du repli », le camp Glucksmann semble ignorer cette critique. Le sénateur écologiste Yannick Jadot, déjà rallié à leur cause, doit bientôt présenter les 100 jours de la « révolution écologiste » promise par Raphaël Glucksmann.
La question d’une alliance avec LFI
Reste la question d’une potentielle alliance avec LFI aux législatives. Raphaël Glucksmann est convaincu que ce sujet est réglé par sa victoire. Il a affirmé :
Il n’y aura pas d’accord avec la France insoumise.
Cependant, Olivier Faure a rappelé que le Parti socialiste déciderait seul de sa ligne lors des législatives, sans que « aucun point de vue extérieur ne s’impose à nous ».
