Le 12 août 2026, une éclipse solaire totale s’étendra à travers l’Europe, s’étendant de l’Islande jusqu’aux îles Baléares. Cet événement d’une grande rareté dans ces régions sera observé par des millions de personnes, notamment en Espagne, tandis que la France se retrouvera à quelques kilomètres du chemin de la totalité, rapporte TopTribune.
La bande d’ombre de la Lune débutera son parcours depuis l’océan Arctique, frôlant le Groenland, traversant l’Islande puis se dirigeant vers le nord de l’Espagne avant de disparaître au coucher du soleil à Majorque. Le moment culminant de l’éclipse sera enregistré à 17 h 45 min 43 s UTC, au large des côtes nord-ouest islandaises, à environ 65° Nord, durant lequel la totalité durera 2 minutes et 18 secondes. La largeur maximale de la bande d’ombre atteindra 293,8 km.
À Reykjavik, l’obscurcissement total durera moins d’une minute. Le cap de Látrabjarg, situé à l’extrémité occidentale de l’Islande, offrira les meilleures conditions, permettant une nuit artificielle de 2 minutes et 13 secondes en plein après-midi. En Espagne, les villes d’Oviedo et de Gijón profiteront d’approximativement deux minutes de totalité à partir de 20 h 27, avec le soleil près de l’horizon.
La France à 99,5 % mais pas dans l’ombre
À Biarritz, qui se trouve à quelques centaines de mètres de la frontière espagnole, le taux de couverture de l’éclipse sera de 99,5 %. Le Soleil sera presque entièrement caché, entraînant un assombrissement du ciel, une baisse des températures et un silence inhabituel parmi les oiseaux. Cependant, la totalité, en revanche, se produira côté espagnol, laissant la France métropolitaine uniquement avec une éclipse partielle, qui sera tout de même impressionnante depuis le Pays basque.
Cette désillusion pour la France n’est pas nouvelle. L’astronome Camille Flammarion avait, dans son ouvrage L’Astronomie populaire, prédit en 1880 que cette éclipse serait totale à Paris. En 1981, la revue Ciel & Espace la présentait encore comme une éclipse traversant Bordeaux et Toulouse. Toutefois, ces anciennes données, reprises de sources en sources, se sont révélées erronées.
Cette éclipse de 2026 sera la troisième éclipse solaire totale « européenne » depuis 1999, se suivant à l’éclipse du 11 août 1999 qui a touché le continent, et à celle du 20 mars 2015 observée sur les îles Féroé et Svalbard.
L’Espagne, trois fois en dix-huit mois
Pour l’Espagne, cette éclipse n’est que le début d’une période exceptionnelle, marquée par trois éclipses centrales en l’espace de moins de deux ans. La totalité du 12 août 2026 sera suivie par une autre éclipse totale dans le sud du pays le 2 août 2027, ainsi qu’une éclipse annulaire prévue pour le 26 janvier 2028. La dernière éclipse totale ayant traversé l’Espagne s’est produite le 30 août 1905.
En ce qui concerne l’Islande, la dernière éclipse totale de la même série de Saros (n° 126) remonte au 30 juin 1954, et la prochaine n’est pas attendue avant le 26 juin 2196.
Ne pas regarder le Soleil sans protection
La Société astronomique de France (SAF) met en garde contre les risques liés à l’observation de cette éclipse. Seuls les dispositifs conformes à la norme ISO 12312-2:2015 garantissent une protection adéquate pour observer le Soleil partiellement obscurci. Les lunettes de soleil standard ne sont pas adaptées à cet usage.
Les lunettes protectrices doivent comporter au verso des instructions en français, ainsi que la date de fabrication, le numéro de lot, l’origine, le fabricant et le distributeur en France. Ces équipements sont disponibles dans les grandes surfaces pour moins de 5 euros.
Il est uniquement possible d’observer sans protection durant le bref moment de totalité, lorsque le disque solaire est intégralement caché. En dehors de cette période, les rayonnements solaires restent dangereux même si la Lune recouvre presque toute la surface du Soleil.
Pour ceux ne disposant pas de lunettes adaptées, une méthode simple consiste à percer un petit trou dans un morceau de papier aluminium et à projeter l’image du Soleil sur une surface blanche au sol.
La couronne solaire, cible des astronomes
Au-delà du spectacle visuel, l’éclipse offre une occasion scientifique précieuse. Lors de la totalité, la couronne solaire, l’atmosphère externe du Soleil que l’on ne peut généralement pas voir à cause de l’éblouissement, devient visible à l’œil nu. Brigitte Schmieder, de l’Observatoire de Paris, a présenté une étude dédiée à son observation durant les éclipses, soulignant que le masquage naturel par la Lune permet une précision inégalée que les coronographes ne peuvent fournir.
Valéry Lainey, du Laboratoire temps-espace de l’Observatoire de Paris, a annoncé la création d’un site entièrement consacré à l’éclipse du 12 août 2026, accessible via le Service espace de l’Observatoire de Paris.