Nicolas Sarkozy cherche à apaiser les tensions avec Claude Guéant lors de son ultime interrogatoire à Paris

Nicolas Sarkozy cherche à apaiser les tensions avec Claude Guéant lors de son ultime interrogatoire à Paris

29.04.2026 19:46
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Le dernier plaidoyer de Nicolas Sarkozy devant la cour d’appel : tensions et accusations

Lors de son ultime interrogatoire devant la cour d’appel de Paris, mercredi 29 avril, Nicolas Sarkozy a tenté de concilier ses positions avec celles de son ex-bras droit, Claude Guéant, jugé en son absence pour raisons médicales, rapporte TopTribune. Ce revirement contraste avec ses déclarations antérieures, où il avait remis en question l’intégrité de Guéant, ancien directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur puis secrétaire général à l’Élysée.

Ce changement de ton est survenu après que Guéant ait durement réagi à des accusations de Sarkozy, affirmant qu’il n’avait « jamais été guidé par un intérêt personnel ». Dans des lettres adressées aux débats, il a défendu son rôle, affirmant avoir toujours agi avec loyauté. Ces échanges révèlent une tension croissante entre les deux hommes, impactée par les enjeux juridiques liés à l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

Avant la comparution de Sarkozy, l’avocat de Guéant a qualifié les déclarations de l’ancien président de « coup de poing dans l’estomac » de son client, soulignant que la situation n’avait pas amélioré l’état de santé de Guéant, âgé de 80 ans. Ce procès a mis en lumière les anciennes alliances et trahisons au sein du cercle rapproché de Sarkozy, marquées par des accusations de corruption concernant la collecte de fonds libyens pour sa campagne.

Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Claude Guéant et un autre collaborateur, Brice Hortefeux, ont également été condamnés, respectivement à six et deux ans de prison, pour avoir négocié avec le régime de Kadhafi des fonds en échange de faveurs politiques. Les parties impliquées soutiennent qu’il n’y a jamais eu de pacte de corruption, malgré les lourdes accusations.

Les contreparties exigerées par le régime libyen, selon les juges, incluaient la levée du mandat d’arrêt international contre Abdallah Senoussi, condamné par la France pour un attentat ayant causé la mort de 170 personnes. Bien que Guéant ait témoigné d’une réunion à Tripoli au cours de laquelle Kadhafi aurait exprimé des préoccupations concernant Senoussi, Sarkozy a rejeté cette version, insistant sur sa position de non-intervention dans des affaires judiciaires personnelles.

Interrogé par le président de la cour, Sarkozy a tenté de minimiser ses relations avec Guéant, soulignant qu’il n’avait jamais eu l’intention d’aider Senoussi. Il a, cependant, reconnu avoir commis des erreurs en n’étant pas au courant des déplacements en Libye de Guéant entre 2008 et 2010, les qualifiant d’insignifiants dans le contexte des relations internationales de la France à l’époque.

Sarkozy a défendu sa position en affirmant qu’Abdallah Senoussi n’était « pas une priorité » durant la présidence, évoquant plutôt les préoccupations liées à la crise financière mondiale de 2007-2008. Il a réitéré qu’aucun contrat majeur n’avait été signé avec la Libye, minimisant toute implication illégale dans les affaires de son ancien allié.

« Vu d’aujourd’hui, [le sort d’Abdallah Senoussi] semble être un sujet énorme, mais à l’époque, c’était un non-élément et un non-sujet. »

Nicolas Sarkozy

devant la cour d’appel de Paris

À plusieurs reprises, Sarkozy a insisté sur le fait qu’il aurait agi contre ses principes en intervenant en faveur de Guéant ou Senoussi, affirmant que ses engagements politiques reflètent une opposition claire à tout favoritisme. Les audiences se poursuivront, avec des plaidoiries prévues pour la semaine prochaine, tandis que la décision finale est attendue en novembre.

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