Municipales à Marseille : le Rassemblement national vise une victoire historique face à la gauche divisée

Municipales à Marseille : le Rassemblement national vise une victoire historique face à la gauche divisée

07.03.2026 07:16
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Marseille : La bataille municipale s’intensifie alors que le RN tente de s’imposer

Le candidat du Rassemblement national (RN), Franck Allisio, s’affiche souriant alors qu’il teste sa popularité le 5 mars sur le marché Michelet, dans le 8e arrondissement de Marseille. Dans ce bastion historique de la droite, son soutien semble tangible, avec des électeurs comme Suzanne, 80 ans, qui déclare : « Il correspond à mes idées sur la sécurité, la propreté », et André, 76 ans, affirmant : « J’espère qu’il sera capable de changer les choses », rapporte TopTribune.

La montée du RN dans la cité phocéenne est alimentée par des sondages récents qui prédisent environ 30% des voix au premier tour municipal, un résultat comparable à celui de l’actuel maire, Benoît Payan, appuyé par la gauche diversifiée. Après Marine Le Pen, le président du RN, Jordan Bardella, a également apporté son soutien à Allisio.

« Une victoire dans la deuxième ville de France serait un premier pas [en vue de la présidentielle], ce serait un signal important. »

Franck Allisio, candidat RN à Marseille

Pour que le RN prenne le contrôle de Marseille, Allisio doit unifier les voix de la droite. Martine Vassal, candidate des Républicains et soutenue par Renaissance et le MoDem, a pour l’instant refusé d’allier ses forces avec le RN pour le second tour. Le député Allisio s’emploie donc à convaincre directement les électeurs : « Nous sommes le vote utile pour battre la gauche et l’extrême gauche ».

Sa campagne met fortement l’accent sur la sécurité, s’écartant des thèmes plus clivants comme l’immigration, cherchant à établir une image rassemblante. Lors des débats, il a parfois été critiqué pour son approche prudente : « Je n’ai pas voulu rentrer dans les batailles de chiffonniers », justifie-t-il.

L’ex-conseiller ministériel sarkozyste mise sur une porosité entre les électorats du RN et des Républicains. Un cadre du RN admet : « On l’a choisi parce qu’il ne fait pas peur ». À Saint-Barnabé, Pierrette, une électrice indécise, confie son dilemme : « Je ne sais pas encore pour qui voter, peut-être Vassal, peut-être le RN… ». D’autres électeurs semblent également hésiter, balançant entre diverses options politiques.

Vassal, en difficulté dans les sondages, tente de se démarquer de son rival en soulignant les différences sur le plan économique. Elle critique le programme d’Allisio, l’accusant de ne pas avoir voté contre des hausses d’impôts substantielles. Elle apporte également un regard critique sur les promesses du RN en matière de sécurité.

« Ce garçon [Franck Allisio] est un touriste électoral, un apparatchik. Il n’a jamais rien apporté à Marseille. »

Martine Vassal, candidate Les Républicains à la mairie de Marseille

Alors que Vassal peine à faire oublier un débat raté, Allisio continue d’accumuler des soutiens potentiels. Benoît Payan défend son bilan, citant des investissements réalisés dans le cadre du plan « Marseille en grand ». Cependant, il fait face à des critiques internes et à la division de la gauche qui pourraient influencer les élections.

Les tensions au sein des partis de gauche se traduisent par des appels à l’unité pour faire face à la montée du RN. Les élus tentent de mobiliser les abstentionnistes et les électeurs déçus, mais la fragmentation des voix complique leur position dans cette campagne.

« Quand on est antiraciste, on prend ses responsabilités »

Benoît Payan, maire sortant de Marseille

En parallèle, des membres de l’association de gauche Front commun expriment leur préoccupation face à l’éventualité d’une victoire du RN, affirmant que cela représenterait un danger tant local que national. Les militants plaident pour l’unification des listes de gauche afin de contrer Allisio.

Dans ce contexte électoral tendu, les Marseillais expriment leur désillusion face à la politique, multipliant les frustrations à l’égard des candidats et de leurs promesses. Le paysage politique, grippé par la discorde, laisse entrevoir un affrontement serré entre les belligérants des différentes droites et gauches à l’approche des élections municipales.

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