Deux hommes, dont un ancien policier en lien avec Christian Estrosi, sont en garde à vue depuis mercredi dans le cadre de l’enquête sur la tête de porc retrouvée devant le domicile du maire de Nice. Cette affaire, qui pourrait être un coup monté, semble s’orienter vers une manipulation au sein de son propre camp, rapporte TopTribune.
Le 27 février, Estrosi, en campagne pour un quatrième mandat, a découvert une tête de porc accompagnée d’une affiche portant une étoile de David et une insulte devant chez lui. Cette découverte a profondément perturbé la campagne électorale, marquée par une rivalité intense avec Eric Ciotti, député et candidat soutenu par le Rassemblement national, qui est actuellement en tête des sondages.
Estrosi était-il lui-même au courant ?
Actuellement, deux citoyens tunisiens, interpellés la semaine dernière, sont en détention provisoire. Mercredi, le procureur de Nice, Damien Martinelli, a révélé que quatre nouvelles personnes, de nationalité française, avaient été interrogées dans cette affaire.
Parmi eux, un homme de 79 ans, ancien policier de la Direction de la surveillance du territoire (DST) désormais détective privé, suscite l’intérêt. Toutefois, le procureur n’a pas précisé leur niveau d’implication potentiel, alors que l’enquête semble écarter toute ingérence étrangère, pointant plutôt vers une manipulation orchestrée par le camp d’Estrosi, sans que l’on sache encore si ce dernier était au courant, d’après plusieurs sources proches du dossier.
Le maire défend son innocence
« On passe de missions de soutien, de collectes de données à une manipulation ? », s’interroge une source proche. « Tout ça gravite autour d’un point central ; il reste à prouver si ce point est actif ou non ».
Christian Estrosi a réaffirmé qu’il était victime d’une tentative de déstabilisation, selon son avocat, Me Olivier Baratelli. Lorsque le téléphone d’un des suspects a révélé des communications avec une proche collaboratrice du maire sortant, ce dernier a dénoncé une infiltration de sa campagne, qu’il a qualifiée de « barbouzerie ».
L’élu a mis en cause l’équipe de son rival Eric Ciotti ainsi que l’homme d’affaires conservateur Pierre-Édouard Stérin, qui a nié toute implication et a intention de porter plainte pour diffamation.