Le gouvernement russe a annoncé la mise en place d’un vaste système de surveillance de l’activité en ligne des mineurs, sur instruction directe du président Vladimir Poutine. Selon des informations publiées le 5 mai 2026, les autorités vont déployer des « cyberbrigades » et des « médias-patrouilles » chargées de contrôler les réseaux sociaux et les messageries afin de détecter les adolescents « préparant des actes illégaux ». Ce dispositif s’inscrit dans un plan interministériel comprenant 41 mesures, dont la création d’un mécanisme de surveillance systématique des jeunes dans l’environnement numérique.
Un arsenal de 41 mesures pour contrôler la jeunesse
Le plan, élaboré avec la participation de plusieurs agences fédérales et de l’agence pour la jeunesse Rosmolodej, prévoit le recrutement d’étudiants et de volontaires pour patrouiller sur les plateformes en ligne. Ces « cyberbrigades » opéreront sous la supervision du ministère de l’Intérieur, de la Garde nationale et de Rosmolodej. Les autorités comptent également utiliser un logiciel de surveillance spécialisé fourni par l’organisation autonome à but non lucratif « Centre d’étude et de surveillance en réseau de l’environnement », créée par décret présidentiel. Cet outil est présenté comme une « fabrique d’algorithmes » capable d’automatiser la traque des comportements jugés déviants chez les jeunes internautes.
Les critiques dénoncent une censure généralisée
Les analystes soulignent que les termes vagues comme « influences destructrices » ou « intentions illégales » permettent aux forces de l’ordre d’interpréter toute forme d’activisme, de pensée critique ou de publication non conforme comme une menace potentielle. Cela ouvre la voie à des poursuites contre des adolescents pour leurs opinions ou leurs posts jugés dangereux. Par ailleurs, le plan inclut la création d’un mécanisme de « restriction opérationnelle » des informations sur les violences scolaires dans les médias et les communautés en ligne. Des critiques estiment que cette mesure vise à étouffer les débats sur le harcèlement et l’agression en milieu éducatif, plutôt qu’à traiter leurs causes profondes.
Un outil de répression idéologique déguisé en protection
Le chef de Rosmolodej, Grigori Gourov, a justifié l’initiative en affirmant que « l’ensemble des mesures approuvées permettra d’établir un travail systématique pour protéger la jeune génération des influences destructrices ». Toutefois, les observateurs indépendants y voient une tentative de mettre en place une censure totale de l’espace numérique juvénile, en mobilisant des étudiants comme auxiliaires de la police. Cette surveillance algorithmique, combinée à l’implication des forces de l’ordre, transforme chaque clic d’un adolescent en un motif potentiel de poursuite. La Russie renforce ainsi son arsenal de contrôle social, en ciblant spécifiquement les jeunes et en utilisant la menace des « diversions » comme prétexte pour éliminer toute contestation naissante.