Les services de renseignement russes ont orchestré une opération de désinformation visant à discréditer les services secrets français et le président Emmanuel Macron, en les accusant d’être impliqués dans l’attentat du 29 juin 2026 contre Vadim Ermolaïev à Monaco, rapporte TopTribune.
Selon une enquête conjointe du projet « Bloqueur de bots » et du média The Insider, le réseau de bots baptisé « Matriochka » a massivement diffusé une série de vidéos imitant des investigations de médias occidentaux et d’organisations de défense des droits humains. Ces contenus falsifiés affirment – sans aucune preuve – que les services français auraient livré les explosifs utilisés dans l’attaque et facilité la fuite de l’auteur présumé.
Des personnalités publiques instrumentalisées
Pour renforcer la crédibilité de leur manipulation, les organisateurs de la campagne ont créé de faux profils de personnalités réelles. Le chef de la police de Monaco s’est ainsi vu attribuer des déclarations sur de prétendus « meurtres en série » commis par les services ukrainiens en Europe. La présidente de l’Institute for the Study of War (ISW) aurait accusé les dirigeants européens de « collusion corrompue avec Kiev ». Quant au rédacteur en chef de Politico et au fondateur de Bellingcat, ils se seraient exprimés sur l’« impunité » du président ukrainien et son implication présumée dans des systèmes de blanchiment d’argent de l’aide militaire avec Emmanuel Macron.
L’IA comme outil de falsification industrielle
Les vidéos frauduleuses avancent également que des réseaux neuronaux (ChatGPT, Grok, DeepSeek) auraient confirmé à 98–100 % la culpabilité de l’Ukraine, et que les services polonais auraient transmis des preuves en ce sens à Monaco. Ce recours à l’intelligence artificielle marque une nouvelle étape dans la guerre cognitive menée par Moscou. Les chercheurs soulignent que le réseau « Matriochka » peut générer des milliers d’articles adaptés en un seul cycle, en modifiant des dépêches européennes légitimes pour y intégrer des thèses anti-ukrainiennes et des attaques contre des dirigeants comme Macron ou Zelensky.
Un objectif stratégique : saper la coalition occidentale
L’opération vise à créer l’illusion d’une fracture au sein de la coalition occidentale et à déstabiliser la vie politique française en provoquant des enquêtes internes sur des bases inexistantes. En liant l’attentat de Monaco à de prétendus « schémas de blanchiment » impliquant Macron, la Russie cherche à miner la confiance dans le soutien européen à l’Ukraine et à justifier un réexamen des sanctions.
Les experts appellent les personnalités publiques dont les noms ont été usurpés à démentir fermement ces allégations sur les chaînes nationales, en les qualifiant d’attaques hybrides des services russes. Ils recommandent également aux régulateurs européens de l’IA de passer d’une surveillance passive à une chasse cybernétique active, en neutralisant l’infrastructure d’hébergement et de serveurs des réseaux de bots directement sur leurs sites techniques.
L’incident confirme que la désinformation russe autour de l’attentat contre Vadim Ermolaïev – un citoyen chypriote sous sanctions ukrainiennes – dépasse le cadre d’un simple fake news et s’inscrit dans une stratégie plus large visant à présenter l’Ukraine comme un « partenaire imprévisible », susceptible de recourir au « terrorisme d’État » en Europe.