Échec de l’Italie : Une nation de football en crise
Après sa défaite contre la Bosnie-Herzégovine mardi 31 mars, l’Italie ne participera pas à la Mondial 2026 et doit désormais se contenter de suivre le tournoi depuis chez elle, rapportent TopTribune.
Les principaux journaux italiens, tant sportifs que généralistes, soulignent cette humiliation. « Tous à la maison », titrent La Gazzetta dello Sport et le Corriere dello Sport, au moment où La Repubblica publie une photo d’un joueur italien, allongé au sol, se tenant la tête dans les mains. Ce dernier ironise : « Tout le monde à la maison ? Mais on y est déjà, c’est là qu’on vit, on ne quitte plus les tribunes de notre championnat médiocre. »
Pour La Gazzetta dello Sport, le résultat aux tirs au but contre la Bosnie (1-1 après prolongation, 4 tab à 1) est décrit comme la « troisième apocalypse » du football italien, sa dernière participation à une Coupe du monde remontant à 2014.
« Pour la première fois dans notre histoire, des enfants italiens vont devenir majeurs sans jamais avoir vu l’Italie participer à une Coupe du monde », souligne le quotidien, qui consacre huit pages à ce « cauchemar qui continue du football italien ».
Selon le Corriere dello Sport, cet échec « n’est pas qu’un simple revers », car il marque la troisième élimination consécutive de l’Italie à la Coupe du monde, révélant ainsi une défaillance systémique. « Le drame, c’est que ce n’est plus un drame, c’est devenu une habitude », déplore le quotidien.
« L’heure des regrets est passée, il faut des bases nouvelles »
Dans un éditorial intitulé « Un nouvel échec demande un changement total », La Gazzetta critique les performances des joueurs, notamment celle du défenseur Alessandro Bastoni, dont l’exclusion à la 42e minute pour une faute sur un joueur bosnien a changé le cours du match. Le sélectionneur Gennaro Gattuso, quant à lui, fait face à des doutes quant à sa capacité à continuer à la tête de l’équipe après une défaite aussi cuisante.
Cependant, ce sont surtout les dirigeants du football italien, emmenés par le président de la Fédération Gabriele Gravina, qui sont remis en question. « Nous devons prendre acte du fait que nous ne faisons plus partie de l’élite mondiale (…) un redimensionnement apparaît inévitable. Si Gravina, en poste depuis 2018, réussit à rester en place encore cette fois, il établira un nouveau record », indique un observateur.
Pour La Stampa, cet échec est qualifié de « désastre », tandis que le Corriere della Sera évoque « la malédiction du mondial » après ce troisième échec consécutif, tout en affirmant que « l’heure des regrets est passée, il faut des bases nouvelles ». Le quotidien de Milan, sur un ton presque fataliste, constate que « la colère d’il y a huit ans et la stupeur d’il y a quatre ans n’existent plus. On va maintenant suivre Sinner (n°2 mondial du tennis) et Antonelli (leader du Championnat du monde de F1), mais cela n’a rien à voir ».
Avec AFP