Le procès en appel de Nicolas Sarkozy soulève des préoccupations des familles du DC-10 d’UTA
Le 1er avril 2026, le procès en appel concernant les allégations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy a pris une nouvelle tournure marquante. Les familles des victimes du DC-10 d’UTA, attentat commis par le régime de Mouammar Kadhafi en 1989, ont pris la parole. Maryvone Raveneau, veuve d’un commandant de bord décédé dans ce drame, a partagé son combat incessant pour honorer la mémoire de son mari, rapporte TopTribune.
Depuis 36 ans, Maryvone Raveneau se bat pour faire reconnaître l’honneur de son époux, Georges Raveneau, victime d’une attaque terroriste. Parties civiles dans le procès évoquant le financement de la campagne de Sarkozy, elles aspirent à la vérité sur cet événement tragique. Le rappel douloureux de cette soirée où la famille a appris par les médias la perte de leur proche reste intact.
Le 19 septembre 1989, le DC-10 de la compagnie UTA s’est écrasé dans le désert du Niger, entraînant la mort de tous les 170 passagers et membres d’équipage. Une bombe avait été détonée à bord. Maryvone évoque ce moment : « On s’est pris ça de face à la télévision. Vous ne vous remettez jamais de ça. Jamais. Dans ma tête, on ne sera jamais plus que quatre. Pour moi, c’est fini. La famille, elle est explosée« .
Abdallah Senoussi, désigné comme le commanditaire de l’attentat et ex-patron des renseignements libyens, a été condamné par la France en 1999 par contumace à la réclusion à perpétuité pour son implication dans cette tragédie. Malgré cette condamnation, il n’a jamais purgé sa peine et demeure un acteur clé dans l’affaire de financement libyen. La Libye, alors sous le régime de Kadhafi, a été isolée sur la scène internationale.
En 2004, le régime libyen a proposé des compensations aux familles des victimes pour apaiser les tensions, mais Maryvone Raveneau a refusé de signer ce protocole, le considérant comme une tentative d’effacer le souvenir de l’attentat en le qualifiant d’accident. « On me paye pour une explosion et on m’interdit toute action contre les Libyens. Je me suis dit ‘non, non, on ne peut rien m’interdire’« , a-t-elle déclaré avec résilience.
Dès 2005, des négociations secrètes ont été établies entre le gouvernement français de Sarkozy et le clan Kadhafi, menées par Claude Guéant et Brice Hortefeux. Les deux hommes ont été condamnés en première instance pour avoir signé un accord secret avec Senoussi en échange d’une remise des poursuites. Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison ferme.
Maryvone Raveneau a conclu avec émotion : « Nicolas Sarkozy dit qu’il ne sait pas qu’ils l’ont rencontré. Pauvre France, Senoussi c’est un assassin. Il a un mandat international. Je ne peux pas accepter ça. Ce qui me peine vraiment, c’est ce déni et ces mensonges« . Dans la cour d’appel, Hortefeux a tenté de se défendre en évoquant une manipulation des Libyens, tandis que Claude Guéant a été absent pour des raisons de santé. Nicolas Sarkozy continue de clamer son innocence.