Lors de son discours de rentrée, prononcé le 13 septembre 2026, Marine Le Pen a mis en avant la question du logement, affirmant le droit « prioritaire » des Français à bénéficier des aides personnalisées au logement (APL). Depuis Hénin-Beaumont dans le Pas-de-Calais, la candidate du Rassemblement national (RN) pour l’élection présidentielle de 2027 a insisté sur l’importance d’accorder la priorité aux Français dans l’accès au logement social. « Nous devons donner la priorité d’accès au logement social aux Français et leur réserver le bénéfice des APL. De la même façon, la priorité d’accès au logement étudiant doit être instaurée pour les jeunes Français », a-t-elle déclaré, rapporte TopTribune.
Analyse des bénéficiaires des APL
La réglementation actuelle, telle que précisée par la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), indique clairement que les APL peuvent être accordées à des personnes de nationalité non française, mais cela est soumis à de nombreuses conditions. Environ 11 % des foyers bénéficiaires de l’APL sont de nationalité étrangère, y compris européenne.
Les principales catégories de personnes pouvant prétendre à ces aides incluent :
- Les citoyens français ou ressortissants de l’Espace économique européen (EEE) ou de Suisse, justifiant d’un droit au séjour ;
- Les individus d’une autre nationalité ayant un « titre de séjour en cours de validité », prouvant leur situation régulière en France ;
- Les personnes dont le logement est leur résidence principale, occupée au moins huit mois par an ;
- Les individus vivant « dans un foyer, à l’hôtel, dans un meublé ou dans une résidence universitaire ».
Durcissement des conditions d’accès pour les étudiants étrangers
Il est à noter qu’il est possible qu’un non-citoyen français puisse demander une APL. Cependant, les conditions d’accès ont été renforcées lors de l’été 2026 avec une réforme entrée en vigueur le 1er juillet. Cette mesure, proposée dans le cadre de la loi de finances pour 2026, a été validée par le Conseil constitutionnel en février.
Les étudiants non-citoyens d’un pays de l’Union européenne, de l’EEE ou de la Suisse, détenant un visa long séjour ou un titre de séjour portant la mention « poursuite d’études », ne peuvent plus bénéficier automatiquement des APL. Néanmoins, les étudiants extracommunautaires recevant une bourse sur critères sociaux continuent de faire exception et peuvent bénéficier des aides au logement.
Cette réforme, visant à réaliser 200 millions d’euros d’économies par an selon le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a suscité de vives critiques de la part des associations d’accès au logement et des organisations étudiantes, qui dénoncent ce qu’elles qualifient d’« instauration d’une préférence nationale ».