L'optimisme persiste malgré le pessimisme ambiant, quatre Québécois témoignent de leur espoir pour l'avenir

L’optimisme persiste malgré le pessimisme ambiant, quatre Québécois témoignent de leur espoir pour l’avenir

25.10.2026 12:36
4 min de lecture

Malgré un climat ambiant de pessimisme concernant l’état actuel du monde, certains individus choisissent de se projeter dans un avenir plein d’espoir et d’opportunités. La volonté de transformation et d’amélioration est palpable chez plusieurs Québécois, qui ont partagé leur manière d’affronter ces défis, rapporte TopTribune.

Théodine Jacques, âgée de 23 ans, a décidé d’entamer des études en médecine qui pourraient durer entre six à dix ans selon la spécialité choisie. Depuis son enfance, où elle a dessiné une figure en sarrau pour illustrer son aspiration professionnelle, elle nourrit ce rêve. La réalisation de cet objectif est prévue au minimum pour 2030.

En revanche, pour les partisans de la collapsologie, 2030 est synonyme d’effondrement imminent de nos sociétés. Ils prédisent que les conséquences de la crise environnementale seront désastreuses, avec un effondrement des systèmes économiques, et que la fin du monde serait potentiellement proche, comme en témoignent de nombreuses publications sur les réseaux sociaux.

Pour Théodine, toutefois, 2030 est plutôt l’année où elle espère exercer en tant que médecin au sein de communautés défavorisées. Elle envisage de s’impliquer dans la recherche ou de collaborer avec des organisations humanitaires.

Je vois ce qui se passe dans le monde. Je suis inquiète quand je vois que la Terre a déjà atteint la limite d’utilisation de ses ressources [en juillet dernier], mais j’essaie de me concentrer sur le positif et surtout de voir comment, dans mon quotidien, je peux faire pour que les choses soient moins graves.

Théodine Jacques, 23 ans, étudiante en médecine

Son espoir repose aussi sur le potentiel de changement de sa génération. « On est plus sensibles aux enjeux, que ce soit contre le racisme, pour les communautés LGBTQ ou pour l’environnement, dit-elle. Ce n’est pas parce qu’un système est en place depuis longtemps qu’il est acceptable. »

Tous concernés

Théodine représente une génération héritière d’un monde où l’espoir peine à émerger. Selon une étude de Léger publiée en décembre 2025, 70 % des jeunes des générations Z et Alpha déclarent préférer vivre le moment présent en raison de l’incertitude de l’avenir. Les préoccupations économiques, sociales et environnementales les touchent, comme le souligne Élisabeth Abergel, professeur de sociologie à l’Université du Québec à Montréal. « Ma génération, dans la jeune soixantaine, est consciente d’avoir négligé de nombreuses actions et politiques pour l’environnement, ce qui engendre un sentiment d’angoisse. »

Cécile Van de Velde, également professeure de sociologie à l’Université de Montréal, note un optimisme persistant chez les plus jeunes, mais souligne la perte de la « capacité à aspirer », perturbée par une crise existentielle généralisée.

Les précédentes générations ont également traversé des périodes d’angoisse rencontrant des crises économiques et des conflits armés. « Mais cette fois, nous faisons face à une polycrise qui touche de multiples dimensions : économique, sociale, politique et environnementale », observe Cécile Van de Velde.

En réponse à ce climat de pessimisme, se matérialise un mouvement de résilience. En France, la « génération future » manifeste pour un changement significatif, prouvant qu’elle aspire à un avenir meilleur.

Investir dans la joie

Guillaume Tremblay, qui admet son inclination au défaitisme, s’efforce de cultiver l’espoir au quotidien. Avec sa partenaire, Xavie Jean-Bourgeault, ils ont fondé le parti politique Présence Québec, visant à promouvoir une société fondée sur la connexion humaine et la célébration de la beauté.

Pour ce couple, 2030 sera l’année où ils présenteront officiellement leur parti aux élections provinciales. Ensemble, ils créent des films documentaires qui leur permettent de rencontrer des individus inspirants, renforçant ainsi leur désir de semer de la joie et de l’engagement social.

« [Le philosophe] Spinoza disait que l’énergie de la joie est très forte pour notre puissance d’agir. Pourtant, la société n’a jamais investi dans cette joie comme ressource naturelle », souligne Guillaume. Ils aspirent à ce que le projet de société du Québec intègre cette vitalité humaine.

On n’est pas sur un nuage, on est conscients que ça va mal dans le monde, mais on veut nourrir le beau en nous et que ça nous donne la force de contribuer à la société.

Guillaume Tremblay, cofondateur du parti politique Présence Québec

L’amour, une révolution tranquille

Comme le souligne Élisabeth Abergel, l’histoire est jonchée de catastrophes, et la sortie du pessimisme s’opère souvent par la canalisation des émotions vers des initiatives positives. Rossana Bruzzone, d’origine italienne, aspire à faire de Montréal la ville la plus heureuse du monde.

Avec son organisation, Montréal la plus heureuse, elle organise des événements pour stimuler l’esprit communautaire et générer de l’optimisme. Son énergie pour bâtir l’avenir se traduit dans ses interactions humaines quotidiennes.

Si on apprend qu’on a un pouvoir dans le monde, même à petite échelle, on va comprendre qu’on n’est pas juste sur Terre pour subir ce qui se passe. Ensemble, nous pouvons nourrir beaucoup d’espoir.

Rossana Bruzzone

Il est essentiel de préciser que cet espoir peut être un privilège. Pour ceux qui jonglent avec plusieurs emplois, la capacité de projection est souvent entravée. Rossana Bruzzone, ancienne enseignante, encourage ses élèves à tenir un journal des moments heureux, leur permettant d’apprendre à apprécier la beauté de leur présent et à espérer un avenir lumineux.

« L’amour est une révolution non violente », affirme-t-elle. Même si cette approche ne permet pas d’éviter tous les désastres à grande échelle, sa détermination à envisager un avenir radieux est pour elle une manifestation de pouvoir positif.

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