En septembre 2026, les Français ont effectué des retraits net de 2,22 milliards d’euros provenant de leurs Livrets A et LDDS. Ce mouvement massif illustre une tendance entamée début 2025, où l’épargne réglementée semble perdre de son attrait face à des produits offrant une meilleure rémunération. Pourtant, le taux du Livret A a grimpé à 1,7 % depuis le 1er août, rapporte TopTribune.
Ce qui s’est passé en septembre 2026 : les Français changent de stratégie
Selon les données de la Caisse des dépôts, le Livret A a subi une décollecte de 1,52 milliard d’euros en septembre, tandis que le LDDS a vu son encours diminuer de 700 millions. Le LEP, destiné aux ménages modestes, a enregistré une sortie record de 3,03 milliards, un chiffre sans précédent pour ce mois-ci. Ce changement témoigne d’un arbitrage clair des épargnants sur leurs placements.
La raison de ce mouvement trouve son origine dans un chiffre incontournable : 2,63 %. Il s’agit du rendement moyen brut des fonds en euros dans les contrats d’assurance-vie, qui dépasse significativement le 1,7 % du Livret A. Éric Buffandeau, directeur adjoint des études de BPCE, souligne : « Les livrets réglementés subissent en effet une pression due à leur moindre rentabilité ». Parallèlement, l’inflation s’établissant à 3,1 % en septembre vient éroder le pouvoir d’achat et pousse les ménages à puiser dans leurs réserves.
Malgré cette décollecte, le montant total des Livrets A et LDDS demeure stable à 606,7 milliards d’euros, équivalent à celui de l’année précédente. Le LEP présente un encours de 80,4 milliards après sa perte de septembre. La hausse du Livret A à 1,7 % depuis août n’a suscité qu’un léger regain d’intérêt estival, rapidement estompé.
Les trois produits d’épargne expliqués simplement
Le Livret A : sûr mais peu rémunérateur (1,7 %)
Le Livret A continue d’être le placement préféré des Français en raison de sa sécurité : capital garanti, liquidité immédiate, et exonération d’impôts et de prélèvements sociaux. Avec un plafond fixé à 22 950 euros, il offre un taux de 1,7 % depuis le 1er août 2026, en hausse par rapport au 1,5 % en début d’année. Cependant, avec une inflation à 3,1 %, le rendement réel devient négatif, entraînant une perte de pouvoir d’achat chaque mois.
Le LDDS : l’alternative moins connue
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) fonctionne selon le même principe que le Livret A : même taux de 1,7 %, fiscalité nulle, et liquidité totale. Toutefois, son plafond est limité à 12 000 euros. Les fonds issus de ce livret sont destinés à financer les PME et des projets d’économie sociale. Moins connu du public, il a également subi une érosion, avec 700 millions retirés en septembre.
L’assurance-vie : pourquoi elle attire ? (2,63 %)
L’assurance-vie en fonds euros présente un rendement moyen brut de 2,63 % en 2026, ce qui représente une augmentation de 55 % par rapport au Livret A. Bien que ce taux soit brut et soumis à des prélèvements sociaux (17,2 %) ainsi qu’à une fiscalité variable selon l’ancienneté du contrat, le rendement net s’élève aux alentours de 2,18 % pour un contrat récent, et jusqu’à 2,40 % pour un ancien contrat de plus de huit ans. Même en tenant compte de cela, l’écart de rentabilité reste séduisant. Toutefois, une contrainte majeure persiste : les fonds ne sont pas toujours disponibles instantanément, et le capital n’est pas garanti par l’État mais par les compagnies d’assurance, dans la limite de 70 000 euros par épargnant.
Quelle stratégie d’épargne choisir en 2026 ?
Un taux d’intérêt à lui seul ne suffit pas à faire un choix éclairé. Par exemple, un placement de 10 000 euros sur un Livret A à 1,7 % génère des revenus de 170 euros bruts par an, nets d’impôts. En comparaison, une assurance-vie à 2,63 % brut rapporterait 263 euros bruts, soit environ 218 euros nets après prélèvements sociaux et fiscalité légère (pour un contrat de plus de huit ans avec abattement). Le gain net annuel atteint ainsi 48 euros, soit une amélioration de 28 %. Sur un horizon de cinq ans, l’écart dépasse 240 euros.
Cependant, il est essentiel de noter que si des liquidités immédiates sont nécessaires, le Livret A demeure le produit le plus adapté. L’assurance-vie s’avère plus appropriée pour une épargne de moyen terme (au moins quatre ans) afin de profiter des avantages fiscaux et d’amoindrir les éventuelles fluctuations du marché, en diversifiant vers des unités de compte.
Fiscalité et sécurité : les critères oubliés
La fiscalité joue un rôle prépondérant dans le choix de l’épargne. Tant le Livret A que le LDDS échappent totalement à l’impôt. En revanche, l’assurance-vie est soumise à des prélèvements sociaux (17,2 %) et, selon l’ancienneté, à un prélèvement forfaitaire de 12,8 % ou 7,5 % après huit ans, avec un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule. Certains députés envisagent même de rendre la flat tax plus stricte en 2027, ce qui pourrait entraver les avantages de l’assurance-vie.
