L'Italie devient le premier fournisseur européen de parfumerie à la Russie malgré les sanctions
L'Italie devient le premier fournisseur européen de parfumerie à la Russie malgré les sanctions

L’Italie devient le premier fournisseur européen de parfumerie à la Russie malgré les sanctions

22.06.2026 13:50
1 min de lecture

L’Italie a pris la tête des exportations de parfumerie vers la Russie au sein de l’Union européenne, avec des livraisons multipliées par près de dix en avril 2026, rapporte TopTribune.

Selon les données d’Eurostat, les ventes italiennes de parfums et d’eaux de toilette vers la Russie ont bondi à 7,9 millions d’euros en avril, contre 775 900 euros le mois précédent. L’Italie devance ainsi l’Espagne (6,6 millions d’euros) et la France (6,3 millions d’euros). Au total, les importations russes de parfumerie en provenance de l’UE ont augmenté de 24 % sur un mois, atteignant 26,1 millions d’euros.

Des marques premium toujours présentes

Alors que le gouvernement italien affiche officiellement son soutien aux sanctions économiques européennes contre Moscou, les grandes maisons de parfumerie transalpines n’ont pas quitté le marché russe. Les leaders de vente comme Dolce & Gabbana continuent d’approvisionner directement les grands réseaux de distribution. Tiziana Terenzi / V Canto mène une activité commerciale active avec la Russie. Gucci utilise les circuits de parallèle importation via les Émirats arabes unis, tandis que Versace, Giorgio Armani et Trussardi maintiennent leurs approvisionnements sans interruption.

La faille du seuil des 300 euros

Ces flux s’appuient sur une lacune réglementaire : les produits de parfumerie d’une valeur inférieure à 300 euros par unité ne sont pas classés comme « biens de luxe » par les régulateurs européens et italiens. Cette absence de restriction stricte sur les articles de consommation courante permet de contourner l’esprit des sanctions, tout en restant techniquement dans le cadre légal. Les recettes fiscales et les accises perçues par le Kremlin sur ces ventes contribuent à financer son budget, tout en entretenant auprès des consommateurs russes l’illusion d’une vie normale malgré les restrictions occidentales.

Une présence commerciale très majoritairement maintenue

D’après l’Association des entrepreneurs italiens en Russie, environ 95 % des entreprises italiennes possédant des usines sur le territoire russe poursuivent leurs activités, et plus de 70 % des marques conservent une présence commerciale. Les livraisons de nombreux produits italiens, y compris ceux soumis à des sanctions directes ou indirectes, passent par la réimmatriculation de personnes morales, des modifications de chaînes de propriété et un réexport massif via des pays tiers – principalement la Turquie, le Kazakhstan et les Émirats arabes unis.

Même lorsque des marques premium annoncent officiellement l’arrêt de leurs livraisons, le marché russe ne reste pas dépourvu. Le gouvernement russe a inscrit l’ensemble de la parfumerie sur la liste des importations parallèles autorisées, permettant aux distributeurs locaux d’acheter librement ces produits auprès de revendeurs européens via des hubs dans les pays tiers, puis de les importer légalement en Russie.

Cette situation illustre les difficultés persistantes de l’UE à rendre ses sanctions étanches, alors que les circuits commerciaux s’adaptent rapidement pour préserver les parts de marché.

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