L'intelligence artificielle ne génère aucun bénéfice financier en dehors des grandes entreprises technologiques.

L’intelligence artificielle ne génère aucun bénéfice financier en dehors des grandes entreprises technologiques.

26.10.2026 10:06
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Une étude menée par Apollo Global Management indique que l’intelligence artificielle n’a apporté aucun bénéfice financier mesurable à 99 % des entreprises américaines. Alors que les sept géants technologiques affichent des marges record, les autres sociétés du S&P 500 stagnent dans leurs performances. Cette situation met en avant un écart croissant entre ceux qui produisent de l’IA et ceux qui en bénéficient, rapporte TopTribune.

Le mythe de la rentabilité de l’intelligence artificielle

Torsten Slok, économiste en chef chez Apollo Global Management, affirme sans ambages : « Malgré un investissement colossal et une médiatisation intense autour de l’intelligence artificielle, cette technologie n’a pas généré de retour sur investissement pour les entreprises hors secteur technologique ». Les chiffres confirment cela. Pendant que les sept géants comme Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta, Nvidia et Tesla réalisent des bénéfices exceptionnels, les 493 autres sociétés du S&P 500 stagnent.

Le retour sur investissement lié à l’intelligence artificielle se mesure, entre autres, par les revenus par employé et les marges bénéficiaires. En effet, pour ces sept géants, les revenus par employé ont grimpé de 550 000 dollars en 2022 à 800 000 dollars en 2026, tandis que les autres entreprises du S&P 500 plafonnent à environ 550 000 dollars depuis 2019, sans aucune amélioration visible. Les marges bénéficiaires suivent une tendance similaire : 30 % pour les grands leaders technologiques contre seulement 9 à 10 % pour le reste du secteur depuis 2023.

Les entreprises traditionnelles réalisent amèrement que l’intelligence artificielle peut être considérée comme un centre de coûts plutôt qu’une source de croissance. Les frais d’accès aux modèles s’accumulent, et le besoin d’investissements massifs dans les infrastructures techniques pèse lourdement sur leurs budgets. Par conséquent, 99,5 % des dépenses liées à l’IA proviennent de seulement 10 % des entreprises les plus dépensières, selon des études récentes.

Les raisons du succès d’Apple et Microsoft

Les entreprises comme Apple et Microsoft intègrent l’IA dans leurs produits et services. Apple l’applique dans ses iPhones, tandis que Microsoft la propose via ses services Azure et Copilot. Nvidia se spécialise dans la fabrication des puces essentielles, et Amazon offre des services cloud boostés par l’IA. Au lieu de consommer l’intelligence artificielle, ces entreprises la monétisent véritablement, capturant ainsi la valeur générée par d’autres qui dépendent de cette technologie.

En 2015, les marges bénéficiaires des sept géants étaient d’environ 11 %. Aujourd’hui, elles atteignent 30 %, tandis que pour les autres entreprises du S&P 500, ces marges oscillent autour de 9 à 10 % depuis trois ans. L’intelligence artificielle semble donc non seulement creuser un fossé économique, mais également transformer profondément les équilibres dans le paysage des affaires.

Revenus par employé : un indicateur clé de la performance

Les revenus par employé constituent un indicateur révélateur de l’efficacité d’une entreprise. Si l’intelligence artificielle apporte une amélioration de la productivité, cet indicateur doit nécessairement augmenter. Or, seuls les sept géants technologiques expérimentent une telle hausse : ils passent de 550 000 dollars à 800 000 dollars en quatre ans, tandis que les 493 autres sociétés du S&P 500 stagnent à 550 000 dollars.

Les marges bénéficiaires, quant à elles, témoignent de la rentabilité des entreprises. Entre 2023 et 2026, celles des Magnificent Seven ont fortement augmenté, passant de 20 % à 30 %, tandis que celles des autres restent camper autour de 10 %. L’analyse d’Apollo révélera que l’intelligence artificielle a tendance à concentrer la richesse plutôt qu’à la redistribuer. Une enquête de KPMG menée auprès de 2 145 dirigeants montre que seulement 7 % d’entre eux constatent un retour sur investissement significatif, tandis que 49 % avouent avoir ralenti, reporté ou suspendu leurs initiatives en matière d’IA. En somme, Apollo souligne que « le futur de l’IA sera déterminé par les 493 entreprises restantes du S&P, et jusqu’à présent, aucune preuve n’indique une amélioration de leurs revenus ou de leurs marges en dehors du secteur technologique ».

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