Les nouveaux maires du RN privilégient le MMA et la corrida au détriment des syndicats et de la culture

Les nouveaux maires du RN privilégient le MMA et la corrida au détriment des syndicats et de la culture

21.06.2026 07:16
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Trois mois après les élections municipales de mars 2026, le Rassemblement national (RN) a commencé à mettre en œuvre des changements significatifs dans les communes nouvellement conquises. Parmi les premières actions, le retrait des drapeaux européens de certaines mairies témoigne de son approche symbolique. Le RN dirige désormais plus de 70 communes, et les nouveaux maires imposent leur style, notamment en matière de politique socio-culturelle. Le maire de Carpentras, par exemple, a décidé de supprimer une subvention de 3.000 euros au planning familial, rapporte TopTribune.

Ces décisions sont surveillées de près par l’Observatoire national de l’extrême droite (Oned), qui scrute les mesures prises par ces nouvelles mairies pour identifier les traces de l’extrême droite. Selon l’Observatoire, des marqueurs tels que l’orientation culturelle et les attaques contre les syndicats ont été observés dans 30 à 35 % des communes récemment gouvernées par le RN.

Coup de grisou sur les syndicats

Thomas Portes, président de l’Observatoire, souligne que de nombreuses communes sont des laboratoires de l’extrême droite. Le nouveau maire de Carcassonne, Christophe Barthès, a rapidement pris des mesures controversées, comme un arrêté municipal anti-mendicité. Malgré un rejet de sa demande de retrait d’une œuvre d’art, il refuse d’autoriser l’utilisation de salles municipales pour le vote des Algériens de l’étranger, tout en expédiant des huissiers à la Bourse du Travail pour notifier aux syndicats leur départ des locaux occupés depuis longtemps.

De même, le maire RN de Liévin a choisi de ne pas convier les syndicats lors de la cérémonie commémorative du 1er mai, célébrant un tragique accident minier de 1974, qui avait fait 42 victimes, se bornant à déposer une gerbe de fleurs.

Un octogone préféré à Napoléon

À Vauvert, les subventions au festival de jazz ont été révoquées au profit du retour de la corrida, tandis qu’à La Seyne-sur-Mer, le maire Dorian Munoz exprime le souhait d’introduire le MMA dans la programmation culturelle, en se débarrassant d’événements jugés non prioritaires. À Bagnols-sur-Cèze, la maire Pascale Bordes a annulé plusieurs spectacles de renommée, modifiant radicalement l’agenda culturel de la ville.

Un modèle de gestion qui semble s’accompagner d’un contrôle des associations locales. La municipalité de Perpignan a récemment voté une révision du règlement d’attribution des subventions, qui stipule l’utilisation du français académique dans la communication officielle et impose des participations aux cérémonies commémoratives du 11 Novembre, 8 Mai et 14 Juillet, provoquant l’indignation chez certains élus d’opposition.

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