Les motions de censure menées par la France insoumise et le Rassemblement national confrontées à l’absence de soutien
Le 13 janvier 2026, environ 350 tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs ont bloqué l’Assemblée nationale, attendant une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu. La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN) ont déposé des motions de censure, mais celles-ci semblent vouées à l’échec sans le soutien des socialistes et des Républicains, rapporte TopTribune.
Les agriculteurs présents ont exprimé leur désarroi face à la situation politique actuelle. Paul, un agriculteur de l’Oise, a déclaré : « Une motion de censure ? Pourquoi pas, mais je ne pense pas que ça changera les choses. » Il a ajouté que « la France ne pèse plus tellement dans les pays européens », en commentaire sur l’accord de libre-échange UE-Mercosur récemment approuvé par une majorité de pays européens, malgré l’opposition de la France.
Le président Emmanuel Macron a critiqué cet accord, le qualifiant d’« accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes », lors d’un discours du 8 janvier, soulignant un contexte de crise agricole plus large. Cette position correspond aux propositions de LFI, qui ont obtenu le soutien unanime de l’Assemblée fin novembre. Malgré cela, le RN et LFI poursuivent leur objectif de renverser le gouvernement par le biais de leurs motions de censure, examinées le 14 janvier.
Les députés ont débuté une nouvelle lecture de l’examen budgétaire, crucial dans le cadre d’une loi spéciale toujours en vigueur, tandis que le climat politique reste tendu. Les déclarations des groupes politiques suggèrent que Sébastien Lecornu est peu susceptible d’être renversé, avec des pronostics de « flop total » exprimés par un cadre du Parti socialiste.
« Je suis raisonnablement peu stressé. »
Un cadre du bloc présidentiel
La motion de censure du RN a été présentée par Jordan Bardella le 8 janvier, mettant en exergue la manœuvre jugée hypocrite d’Emmanuel Macron. Le député RN Philippe Lottiaux a noté que, bien que la motion soit importante, le soutien de la gauche est peu probable. Seuls 138 députés du RN et de ses alliés devraient voter en faveur, ce qui est bien en-deçà des 288 votes nécessaires.
La motion de censure de LFI, quant à elle, pourrait attirer davantage de voix, mais elle ne dépassera pas non plus le seuil requis. La coalition inclurait 71 députés insoumis et 138 du RN, mais même cela ne suffira pas. D’autres groupes comme les écologistes et les communistes ont manifesté leur intention de soutenir la censure, la critique de l’accord étant un point focal.
En revanche, le PS a clairement indiqué qu’il ne soutiendra pas les motions de censure, pour des raisons stratégiques liées à la dynamique politique actuelle. Olivier Faure, le leader socialiste, a affirmé qu’il serait absurde de sanctionner le gouvernement alors qu’un vote au Parlement européen est imminent.
« Est-ce que le vote d’une motion de censure peut bloquer cet accord ? La réponse est naturellement non. »
Béatrice Bellay, députée PS de Martinique
Les députés du groupe Liot et de nombreux Républicains semblent également se distancier de ces motions, soulignant que l’opposition de Macron à l’accord pourrait rassurer certains élus sur la nécessité d’une motion de censure. Au total, un nombre insuffisant de voix devraient se rassembler pour que les motions soient adoptées.
Pour les observateurs, le véritable défi pour le gouvernement réside plus dans la gestion du budget que dans ces motions. Le gouvernement pourrait envisager de recourir à l’article 49.3 ou d’autres mesures pour avancer dans le processus budgétaire, une situation qui pourrait entraîner davantage de motions de censure, en particulier de la part de LFI, déterminée à mettre à mal le gouvernement de Lecornu dans les mois à venir.