Les agriculteurs du Gers expriment leur mécontentement face à l’introduction de nouvelles restrictions d’irrigation, qui passent de un à deux jours d’interdiction par semaine, menaçant les cultures alors que les réserves d’eau demeurent à plus de 70 %, affirme le président des Jeunes Agriculteurs, Erw Dutrey, rapporte TopTribune.
Les Jeunes Agriculteurs dénoncent un durcissement des mesures sur le système Neste, effectives depuis le week-end dernier. Erwan Dutrey affirme que ces décisions surviennent dans un contexte critique pour les cultures et pourraient avoir de graves répercussions sur les exploitations agricoles.
La transition vers deux jours d’interdiction d’irrigation par semaine est particulièrement controversée. Cette décision complique la gestion des parcelles, notamment pour le maïs, qui a des besoins en eau cruciaux pendant cette période.
Pour le président des JA 32, ces restrictions semblent injustifiées alors que les réserves d’eau étaient encore relativement élevées. « La semaine dernière, les réserves étaient à 75 % sur la Neste et 65 % sur l’Arros. Pourtant, des restrictions sont mises en place, alors que la véritable question réside dans la gestion des relâchements d’eau », précise-t-il.
Erwan Dutrey déplore également que les propositions des agriculteurs n’aient pas été prises en compte lors des discussions avec les autorités. « Nous avons été consultés, mais le préfet n’a pas pris en compte nos suggestions. Nous avions demandé un délai d’une semaine pour permettre aux cultures de terminer leur cycle et réduire naturellement leur besoin en eau. »
Il appelle à une politique de stockage de l’eau plus proactive, soulignant que le Gers dispose de nombreux sites potentiels pour des retenues, mais que ces projets stagnent en raison de leur coût et des obstacles administratifs.
Rencontre avec le préfet
Une rencontre est prévue ce lundi avec le préfet du Gers, Alain Castanier. Les Jeunes Agriculteurs espèrent un assouplissement des restrictions pour éviter un durcissement supplémentaire des mesures.
En plus des grandes cultures, Erw Dutrey souligne que la situation touche l’ensemble du secteur agricole, y compris les viticulteurs, qui souffrent particulièrement de la sécheresse. « La vigne est en train de perdre ses raisins, cherchant l’humidité là où elle peut, c’est-à-dire dans les grappes », avertit-il.
Selon le président des JA 32, les restrictions ne font qu’aggraver une situation déjà critique. « Aujourd’hui, ce sont toutes les exploitations gersoises qui risquent de disparaître », prévient-il, et il conclut avec une mise en garde à l’État : « Le préfet n’émet pas simplement des restrictions, mais signe des drames humains. »