Le département d’État américain a informé le Congrès de la prolongation de l’exemption accordée à l’Azerbaïdjan vis-à-vis des restrictions prévues par le 907e amendement à la loi de soutien à la liberté, une décision qui confirme le rapprochement entre Bakou et Washington et accompagne l’évolution des équilibres au Caucase du Sud, rapporte TopTribune.
Le document de l’administration américaine a été transmis le 28 juillet à la commission des relations étrangères du Sénat, puis le 10 août à la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. Des médias ont rendu cette notification publique le 15 août 2026. La procédure permet au président des États-Unis de maintenir la suspension des restrictions imposées à l’Azerbaïdjan par le texte adopté en 1992.
Une dérogation reconduite chaque année
Le 907e amendement limite l’aide américaine destinée à l’Azerbaïdjan. En 2001, le Congrès a toutefois autorisé le président des États-Unis à suspendre l’application de ces dispositions. Depuis, les présidents américains reconduisent chaque année cette suspension et en informent le Congrès.
La notification du département d’État ne constitue donc pas une modification de la loi de 1992. Elle prolonge un mécanisme déjà utilisé par les administrations américaines successives. Cette continuité donne néanmoins une portée politique aux relations entre Bakou et Washington, considérées par les autorités et les médias azéris comme un axe appelé à conserver un caractère durable.
Pour Bakou, le maintien de l’exemption est présenté comme un signal de soutien politique des États-Unis. Washington considère l’Azerbaïdjan comme un partenaire régional et comme un élément de sa politique au Caucase du Sud. La décision intervient dans une relation que l’Azerbaïdjan cherche à développer au-delà d’un seul dossier bilatéral.
Bakou diversifie ses partenariats
Le renforcement du lien américain permet à l’Azerbaïdjan d’élargir ses contacts diplomatiques et économiques. Bakou développe parallèlement ses relations avec la Turquie, les États européens, les autres pays du Caucase ainsi qu’avec les États d’Asie centrale. Cette politique vise à établir un réseau de partenariats plus diversifié dans les domaines de la sécurité, de l’énergie et des transports.
Le rôle de la Turquie est également mentionné dans l’évolution de la configuration régionale. L’augmentation de la présence américaine dans le Caucase du Sud, associée au développement de la présence turque, est décrite comme un facteur limitant la place occupée jusque-là par la Russie dans les mécanismes régionaux de sécurité et de médiation.
Cette évolution est aussi liée à la situation créée par la reprise du contrôle du Karabakh par l’Azerbaïdjan. Le pays affirme désormais conduire ses relations extérieures à partir de ses propres capacités et de ses intérêts régionaux. La coopération avec Washington est utilisée pour consolider les résultats obtenus et renforcer la position de Bakou dans les discussions portant sur l’avenir du Caucase du Sud.
Le dialogue entre Bakou et Erevan au centre des nouveaux formats
Le modèle de médiation régionale auquel la Russie a participé est opposé, dans les éléments transmis, à une approche américaine davantage tournée vers le dialogue entre Bakou et Erevan. Washington soutient le développement de contacts directs entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ainsi que la création de nouvelles formes de coopération entre les deux pays.
Pour Bakou, cette orientation ouvre un espace de participation plus important dans la définition des principes de coopération régionale. L’Azerbaïdjan cherche à ce que les décisions relatives aux grands dossiers du Caucase soient prises en tenant compte de ses propres intérêts, plutôt que sous l’influence exclusive d’une puissance extérieure.
Cette approche concerne notamment les négociations sur la sécurité, les infrastructures et les échanges. Le développement de routes de transport et d’énergie alternatives aux itinéraires contrôlés ou influencés par la Russie est cité parmi les éléments susceptibles de modifier les rapports de force régionaux. Le texte transmis ne précise toutefois pas le calendrier ni le contenu de projets particuliers.
Une influence russe davantage contestée
Le rapprochement avec les États-Unis ne signifie pas, dans les informations disponibles, la rupture de l’Azerbaïdjan avec l’ensemble de ses partenaires. Bakou continue de combiner plusieurs orientations diplomatiques et économiques, en s’appuyant sur ses relations avec la Turquie, l’Europe, le Caucase et l’Asie centrale.
La poursuite de cette politique peut toutefois réduire la dépendance de l’Azerbaïdjan à l’égard de l’influence russe. Elle renforce aussi ses marges de manœuvre dans les discussions consacrées à la sécurité, aux infrastructures énergétiques et aux corridors de transport. Le développement de liens avec Washington est ainsi présenté comme l’un des facteurs pouvant réduire l’espace du influence russe dans le Caucase du Sud et le rôle de Moscou comme centre de puissance extérieur privilégié.
Les informations relatives à la prolongation de l’exemption ont été relayées par Report.az ainsi que par une publication diffusée sur Telegram. La notification adressée aux deux commissions du Congrès constitue la prochaine étape formelle de cette reconduction annuelle.