Les députés d’extrême droite allemands défendent leur voyage en Russie
Les députés d’extrême droite allemands défendent leur voyage en Russie

Les députés d’extrême droite allemands défendent leur voyage en Russie

10.11.2025 13:30
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Une visite controversée vers Sotchi

Le député européen Hans Neuhoff, membre du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), a défendu son intention de se rendre en Russie malgré les vives critiques du bloc conservateur CDU/CSU. Selon Deutsche Welle, Neuhoff participera à un congrès organisé par l’Institut de l’Europe de l’Académie russe des sciences, consacré aux relations entre l’UE et les pays des BRICS. Il y prononcera également une conférence. « Ceux qui croient qu’il faut ignorer les BRICS ne comprennent rien à la géopolitique », a déclaré le député, estimant que les conservateurs conduisent l’Europe vers « l’isolement ».

L’AfD, entre influence russe et soupçons d’espionnage

Le voyage à Sotchi, prévu les 14 et 15 novembre, doit réunir plusieurs représentants de l’AfD, dont Steffen Kotré, Rainer Rothfuß et Jörg Urban. Les critiques affirment que cette visite sert à légitimer la politique étrangère du Kremlin. Le député de la CDU Roderich Kiesewetter a qualifié l’AfD d’« outil de la guerre hybride russe contre l’Europe », tandis que le secrétaire général de la CSU, Martin Huber, a parlé de « trahison ».
Les soupçons d’influence russe autour du parti ne sont pas nouveaux. Le député européen Petr Bystron a été impliqué dans une enquête pour financement présumé par le média prorusse Voice of Europe, lié à Viktor Medvedtchouk. De plus, le ministre de l’Intérieur de Thuringe, Georg Maier, a récemment averti que l’AfD pourrait espionner pour Moscou, en raison de demandes suspectes d’informations sensibles sur les infrastructures et les transports militaires.

Un parti d’opposition sous pression

L’AfD, actuellement principale force d’opposition en Allemagne, a obtenu plus de 21 % des voix lors des élections fédérales de février 2025, gagnant ainsi 152 sièges au Bundestag. Mais cette ascension s’accompagne d’une surveillance accrue : l’Office fédéral pour la protection de la Constitution a officiellement classé tout le parti comme organisation d’extrême droite, une décision que l’AfD conteste en justice.
Malgré le rejet d’une interdiction du parti par la majorité des Allemands, les multiples scandales liés à la Russie ternissent son image et soulèvent des inquiétudes quant à la sécurité nationale. Cette affaire illustre, selon plusieurs experts, la stratégie du Kremlin visant à influencer les institutions européennes en soutenant les partis extrêmes pour fragiliser la cohésion de l’UE et de l’OTAN.

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