Les dangers mortels des tendances vestimentaires : corsets, talons aiguilles et cosmétiques toxiques

Les dangers mortels des tendances vestimentaires : corsets, talons aiguilles et cosmétiques toxiques

30.08.2026 17:16
3 min de lecture

« `html

Les dangers de la mode : des crinolines enflammées aux cosmétiques au plomb

Costume de femme au temps du règne de la reine Anne (1702-1714), portant un corset étroit a longues manches et une longue robe sur des jupons, 1842, Londres. | FLORILEGIUS / BRIDGEMAN IMAGES VIA AFP
Costume de femme au temps du règne de la reine Anne (1702-1714), portant un corset étroit a longues manches et une longue robe sur des jupons, 1842, Londres. | FLORILEGIUS / BRIDGEMAN IMAGES VIA AFP

Naomi Braithwaite

Par
Naomi Braithwaite

Suivre les dernières tendances de la mode implique parfois de sacrifier sa santé et son confort au nom du style. Les tendances actuelles, des gaines ultracompressives aux ballerines peu protectrices, en passant par les cabas surdimensionnés, ont déjà fait le malheur de nombreux adeptes de la mode. Mais elles restent bien inoffensives comparées à certaines lubies vestimentaires du passé, dont quelques-unes pouvaient même être mortelles, rapporte TopTribune.

Les chaussures qui donnent le vertige

Inventés dans les années 1950, les talons aiguilles ont suscité des réactions contrastées. Pour beaucoup, ils sont devenus un symbole de féminité et d’émancipation, tout en offrant quelques précieux centimètres supplémentaires. D’autres, en revanche, les jugeaient très difficiles à porter.

Très vite, des inquiétudes sont apparues quant aux risques qu’ils représentaient. En 1953, le magazine britannique de Picture Post consacrait un reportage intitulé «The Hazards of the Stiletto Heel» («Les dangers du talon aiguille»), relayant les mises en garde face aux blessures que ces chaussures pouvaient provoquer, de la simple entorse aux fractures.

Des décennies plus tard, les inquiétudes concernant les effets néfastes des chaussures à talons hauts n’ont pas disparu. Des études ont mis en évidence un lien direct entre le port régulier de talons hauts et les lésions musculo-squelettiques.

Mais les talons aiguilles ne sont pas seulement dangereux pour celles qui les portent. En 2016, The Telegraph rapportait qu’ils avaient été utilisés comme armes dans des centaines d’agressions au Royaume-Uni. En 2013, l’Américaine Ana Trujillo, surnommée la «tueuse au talon aiguille», a été condamnée à la prison à vie après avoir tué son compagnon en le frappant à 25 reprises avec un escarpin bleu en daim à talon aiguille.

Mortel corset

Le corset possède une histoire longue et souvent controversée, dont les origines remontent à plusieurs siècles. À partir du XVIe siècle, ce sous-vêtement, fabriqué en fanons de baleine puis parfois renforcé d’acier, était utilisé pour sculpter la taille.

Au fil du temps, les inquiétudes concernant ses effets sur la santé se sont multipliées, notamment à cause de la pratique du tightlacing, qui consistait à serrer le corset de façon extrême afin d’obtenir une taille très fine.

Dès 1793, le médecin et anatomiste allemand Samuel Thomas von Sömmerring publiait un ouvrage dans lequel il exprimait ses inquiétudes face aux effets d’un laçage prolongé et excessif. Selon lui, cette pratique pouvait comprimer les côtes ainsi que les organes internes, et provoquer des déformations de la cage thoracique.

En juin 1890, The Lancet publiait également un article détaillant les effets dévastateurs du laçage excessif des corsets. Selon la revue, cette pratique pouvait provoquer des côtes cassées, des lésions aux organes internes, des difficultés respiratoires, des déformations du corps et, dans les cas les plus graves, entraîner la mort.

Si la mode des corsets extrêmement serrés appartient désormais au passé, les versions modernes, sous la forme de gaines sculptantes, continuent de susciter des inquiétudes. Des recherches ont montré que le port de vêtements très ajustés, comme les gaines, peut avoir des effets néfastes sur la respiration.

Robes empoisonnées

Au XIXe siècle, l’époque victorienne se prend de passion pour une couleur aussi élégante que dangereuse: un vert émeraude très vif, prisé pour les tissus, les papiers peints et les vêtements. Pour produire cette teinte éclatante et très recherchée, les fabricants utilisaient un pigment appelé vert de Scheele, un colorant contenant de fortes quantités d’arsenic.

Porter ces robes pouvait avoir des conséquences dramatiques, notamment provoquer des ulcères, une défaillance des organes et, à terme, la mort.

Le grand public n’a pris conscience de la dangerosité de ces robes chargées d’arsenic qu’en 1862, lorsque le célèbre chimiste A. W. Hofmann publia un article intitulé «The Dance of Death», dans lequel il dénonçait la toxicité du pigment vert. La semaine suivante, le célèbre magazine satirique Punch réagit en publiant une caricature intitulée The Arsenic Waltz, représentant un squelette vêtu d’une robe de bal.

Porter ces robes pouvait avoir des conséquences dramatiques, notamment provoquer des ulcères, une défaillance des organes et, à terme, la mort. Les jeunes ouvrières chargées de confectionner ces vêtements dans les ateliers étaient, elles aussi, exposées à l’arsenic. Beaucoup souffraient de plaies ouvertes, de convulsions, de vomissements et, dans certains cas, en mouraient.

Des cosmétiques toxiques

La reine Elizabeth I (1558-1603) était célèbre pour son teint de porcelaine, considéré à l’époque comme un symbole de beauté et de prestige social. Mais ce maquillage lui servait aussi à dissimuler les cicatrices laissées par la variole.

Pour obtenir cette peau d’une blancheur éclatante, la souveraine utilisait la céruse de Venise, un maquillage

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER