De notre envoyé spécial à Saint-Dolay (Morbihan),
Ce jeudi 9 juillet, la chaleur accablante persiste dans le Morbihan, où les températures dépassent déjà les 30 °C en milieu de matinée. Dominique Balac, éleveur bovin de Saint-Dolay, exprime son désespoir face à cette situation exceptionnelle : « Cela fait plus de vingt-cinq ans que je suis installé ici et je n’ai jamais connu ça. On a vécu des canicules et des sécheresses, mais pas avec une telle intensité et un tel enchaînement », rapporte TopTribune.
Depuis la fin mai, les agriculteurs de la région subissent les effets d’une vague de chaleur prolongée. Balac décrit la difficulté de travailler sous des températures avoisinant les 40 °C, anticipant qu’« on a l’impression de grimper l’Everest au moindre effort ». Pour s’adapter, il a modifié ses horaires de travail, commençant tôt le matin et reprenant le travail à 21 heures.
Les champs de maïs dans un état préoccupant
La situation est désastreuse pour la culture du maïs. Balac observe avec amertume ses parcelles, où les plants sont réduits de moitié, les feuilles jaunies, et les épis à peine formés. « Tout le monde souffre, les hommes, les bêtes, les cultures », déclare-t-il. Cette plante tropicale a besoin de pluie pour espérer se redresser, mais la sécheresse persiste.
Si la pluie ne se manifeste pas rapidement, il sera contraint de récolter son maïs fourrager bien plus tôt que d’habitude, avant la fin juillet, au lieu de début septembre. « Ce sera pour sauver ce qui peut l’être. S’il pleut, on pourra peut-être gagner un peu en qualité, mais pour le rendement, c’est déjà mort. On est d’ordinaire autour des douze tonnes de matière sèche par hectare, mais là, ce sera seulement trois ou quatre tonnes et pas de bonne qualité », explique-t-il.
La production laitière en péril
La crise affecte également l’élevage, impliquant un cheptel de 350 vaches à viande et laitières. « L’herbe est cramée donc il n’y a plus rien à manger pour elles », souligne Balac. Il faudra donc acheter des compléments alimentaires, car la qualité et la quantité de fourrage sont en forte baisse. Cela risque d’entraîner des hausses de prix à long terme pour les consommateurs et pourrait mettre en péril la viabilité des exploitations.
Actuellement, Balac surveille ses animaux qui cherchent désespérément de l’ombre. « Elles n’ont jamais autant souffert de la chaleur. En ce moment, elles boivent entre 100 et 150 litres d’eau par jour. » Bien qu’il n’ait perdu qu’une vache, d’autres éleveurs rapportent des pertes beaucoup plus importantes, notamment parmi les volailles et les porcs.
Une surmortalité alarmante
Le phénomène de surmortalité chez le bétail a contraint certains éleveurs à enterrer les cadavres sur place, car la chaîne d’équarrissage ne peut plus suivre le rythme des décès. Laurent Kerlir, président de la Chambre régionale d’agriculture de Bretagne, met en lumière l’impact psychologique de cette situation : « Voir des cadavres en putréfaction, la puanteur, c’est insupportable. »
La situation du secteur agricole est critique, alors que plusieurs vagues de chaleur ont déjà ravagé les cultures et occasionné des pertes considérables. Tout cela se déroule dans un contexte de changement climatique, qui amplifie l’intensité et la fréquence de telles crises. « L’agriculture est en danger et il va falloir l’accompagner pour l’aider à s’adapter », avertit Kerlir, prévoyant que l’automne pourrait être tout aussi problématique. « Car nous ne sommes qu’au début de l’été, et il y a donc de quoi être inquiet. »
Le département subit déjà des pertes sévères, et l’avenir s’annonce incertain. Les agriculteurs de la région continuent de faire face à des défis sans précédent, avec des prévisions alarmantes exacerbées par le climat changeant. La nécessité d’une prise de conscience collective et des mesures d’adaptation devient plus pressante que jamais pour assurer la pérennité des exploitations agricoles.