Le Sénat approuve le budget 2026, des négociations cruciales commencent au Parlement

Le Sénat approuve le budget 2026, des négociations cruciales commencent au Parlement

15.12.2025 18:16
2 min de lecture

Le projet de budget de l’État pour 2026 a été adopté ce lundi par le Sénat. Une semaine décisive s’annonce pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui reste persuadé de pouvoir parvenir à un compromis au Parlement d’ici le 31 décembre, malgré des incertitudes considérables, rapporte TopTribune.

Après plusieurs jours d’intenses débats, les sénateurs ont voté par 187 voix contre 109 en faveur d’un projet de loi de finances (PLF) pour 2026, profondément modifié par la majorité sénatoriale, une coalition de droite et de centriste. L’Assemblée nationale n’ayant pas réussi à s’accorder sur ce texte, la version adoptée par les sénateurs servira de base aux discussions en commission mixte paritaire (CMP), qui réunira vendredi sept députés et sept sénateurs chargés de négocier cet important budget. En cas d’échec, il sera nécessaire de poursuivre les débats budgétaires en janvier et de voter une loi spéciale pour garantir la continuité de l’État.

Semaine décisive pour le budget

Cette semaine est déterminante pour le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle approche afin d’adopter les budgets sans recourir à l’article 49.3, malgré l’absence de majorité à l’Assemblée nationale. Jusqu’à présent, cette stratégie a porté ses fruits, avec l’adoption du budget de la sécurité sociale à l’Assemblée la semaine dernière, obtenue à une courte majorité. Un dernier vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte, contenant de nombreuses concessions à la gauche.

Toutefois, l’attention du gouvernement est désormais principalement concentrée sur le PLF et les négociations à venir en CMP, dont les résultats restent incertains. « Le budget est une urgence », a souligné la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, sur CNews. Elle a appelé à un « compromis » pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5 % du PIB en 2026, alors qu’il est actuellement projeté à 5,3 %, contre 5,4 % en 2025.

Cette évaluation prend en compte les conséquences du compromis sur le budget de la sécurité sociale, qui entraîne des prélèvements de plusieurs milliards d’euros sur le budget de l’État. De plus, le Sénat a rejeté plusieurs nouvelles taxes, notamment une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devait rapporter quatre milliards d’euros. Christine Lavarde, sénatrice Les Républicains, a déclaré lundi : « Nous ne pourrons pas apporter nos voix à une CMP qui conduirait à une augmentation de la pression fiscale », qualifiant le plan gouvernemental de « ni responsable ni digne de confiance ».

Passera, passera pas ?

Dans la CMP, l’ancien socle commun pourrait être majoritaire, ce qui laisse théoriquement la possibilité d’un accord. Cependant, cela ne serait pas suffisant si le texte de compromis n’obtient pas ensuite l’approbation de l’Assemblée la semaine prochaine. La situation est complexe, alors que les socialistes devraient au mieux s’abstenir et que les écologistes annoncent un vote contre, selon leur cheffe Marine Tondelier. Laurent Baumel, député socialiste, a estimé lundi sur Radio J qu’il y avait « peu de chances » de parvenir à un budget avant la fin de l’année.

Certains responsables, dont l’ancienne Première ministre Élisabeth Borne et le président du Sénat Gérard Larcher, prônent le retour à l’utilisation de l’article 49.3. Néanmoins, cela obligerait le Premier ministre à trouver un accord avec le PS. « Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate », a mis en garde Olivier Faure, le dirigeant des socialistes.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER