La cheffe du Rassemblement national, Marine Le Pen, confrontée à une condamnation en première instance, risque de voir sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 compromise. À partir du 13 janvier 2026 et jusqu’au 12 février, le procès en appel des assistants parlementaires de son parti se déroule à Paris. La date à laquelle l’avenir politique de Le Pen sera fixé demeure incertaine, rapporte TopTribune.
Jordan Bardella, potentiel candidat
Alors que l’extrême droite connaît une ascension significative avec un nombre record de 120 députés du Rassemblement national (RN) à l’Assemblée, Le Pen, empêtrée dans des pratiques controversées des années passées, pourrait voir sa quatrième tentative à l’Élysée entravée par la justice. Elle pourrait être contrainte de céder sa place au jeune président du RN, Jordan Bardella.
Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen à quatre ans d’emprisonnement, dont deux fermes, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros, et une peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate. Ce verdict a eu lieu dans un contexte où le RN domine les sondages en cette période de crise politique.
Pour envisager une candidature en 2027, Le Pen doit obtenir une relaxe ou une réduction de sa peine d’inéligibilité, celle-ci ayant déjà commencé à courir suite à l’exécution provisoire. La décision finale devrait être annoncée cet été.
Une date précise n’a pas encore été communiquée. En cas de relaxe, elle serait éligible pour l’élection présidentielle, tandis que la confirmation du jugement initial la priverait de cette possibilité.
Scénarios pour l’avenir
Marine Le Pen pourrait-elle subir une nouvelle condamnation, mais sans peine d’inéligibilité, ou avec une peine réduite ? Ce scénario doit être envisagé. Cependant, mener une campagne tout en étant sous le coup d’une condamnation pénale poserait un défi politique majeur, poussant Le Pen à envisager de passer le témoin à Jordan Bardella dans ce cas.
Une autre possibilité est de saisir la Cour de cassation. Si Marine Le Pen décide de faire appel après le procès en appel concernant les assistants parlementaires, la Cour devrait « si possible » rendre son verdict avant la présidentielle de 2027, comme l’a indiqué Christophe Soulard, président de la Cour, le 9 janvier dernier.
Détournements financiers
En première instance, la justice a reconnu Marine Le Pen coupable, ainsi que 24 autres eurodéputés, assistants, experts-comptables et le parti lui-même, d’avoir mis en place un « système » entre 2004 et 2016 pour rémunérer des salariés du parti avec des fonds du Parlement européen.
Le tribunal a établi le préjudice économique causé au Parlement à 3,2 millions d’euros, ayant déjà déduit 1,1 million d’euros de fonds indûment versés et remboursés par certains des prévenus.
Le tribunal a jugé que « ce ne sont pas des erreurs administratives ou des incompréhensions des députés sur des règles floues, mais des détournements dans le cadre d’un système élaboré pour alléger les charges du parti ». Seules douze personnes condamnées, en plus du parti, ont interjeté appel.
Les juges ont justifié l’exécution immédiate de l’inéligibilité de Marine Le Pen, souvent critiquée, par la nécessité de « garantir que les élus, comme tout justiciable, ne bénéficient pas d’un régime de faveur, en contradiction avec la confiance que les citoyens souhaitent voir dans la vie politique ».
Avec AFP