Emmanuel Macron face à la demande de cohabitation de la gauche
Le Parti socialiste (PS) exige la cohabitation d’Emmanuel Macron pour éviter la menace d’une nouvelle dissolution. Cependant, pour réaliser ceci, la gauche doit compter sur la bienveillance des députés macronistes, rapporte TopTribune.
La possibilité d’une nouvelle dissolution ou d’une cohabitation avec la gauche se pose alors que Sébastien Lecornu entame des négociations cruciales pour former une coalition gouvernementale. Dans un communiqué diffusé lundi, le PS, à l’instar du Parti communiste, réclame la nomination d’un Premier ministre issu de la gauche ou des écologistes. Les dirigeants socialistes reaffirmeront cette demande lors d’une rencontre avec Lecornu le 8 octobre prochain. Emmanuel Macron a jusqu’à présent rejeté cette idée, estimant qu’un gouvernement de gauche serait rapidement renversé.
Cependant, la situation politique pourrait avoir évolué. Une figure de la gauche commente : « Je ne sais pas si cela peut fonctionner, mais incontestablement, cela permettrait à Macron – mais aussi à tout le monde, sauf le RN et LFI – de dire que tout a été essayé. » Le Rassemblement national a déjà annoncé qu’il censurerait tout futur gouvernement, tandis que Bruno Retailleau, président des Républicains, a régulièrement exprimé son opposition à un Premier ministre de gauche. Pour perdurer, un Premier ministre de gauche devrait bénéficier du soutien neutre des députés macronistes.
La gauche est convaincue que le climat actuel favorise une éventuelle non-censure. Ian Brossat, porte-parole du Parti communiste, souligne : « Je ne suis pas convaincu que Renaissance, dans le climat actuel, censurerait par principe un gouvernement de gauche. Ils n’ont pas intérêt à une dissolution. » Des sondages récents indiquent que les candidats Renaissance seraient en difficulté en cas de nouvelles législatives. Rémi Branco, porte-parole du PS, ajoute que les députés de Renaissance pourraient envisager un changement de cap au nom de l’intérêt général.
Dans un signe de rapprochement, Gabriel Attal et Olivier Faure, secrétaire général du PS, ont échangé lors d’une récente emission de TF1, se réunissant pour discuter d’une solution qui éviterait une dissolution imminente. Le secrétaire général de Renaissance a proposé de désigner un négociateur extérieur à la politique pour faciliter le dialogue. Sacha Houlié, député de Place publique, questionne cependant la capacité d’Attal à rallier l’ensemble des députés de Renaissance.
« Pourquoi pas y aller, mais pas sur n’importe quelle base. »
Xavier Iacovelli, sénateur Renaissanceà franceinfo
Comme gage de bonne volonté, le PS assure aux élus de Renaissance qu’il ne gouvernera pas avec La France insoumise. Branco explique : « On n’a pas grand-chose à se dire avec LFI en ce moment. Ils sont dans une stratégie de destitution, ce n’est pas la nôtre. »
Sacha Houlié se félicite de la distance prise par le PS vis-à-vis des insoumis, tandis que la macroniste Prisca Thévenot évoque la nécessité de discuter des objectifs plutôt que des personnes. Du côté de LFI, la députée Nadège Abomangoli critique cette séparation, affirmant que le PS doit prendre ses responsabilités dans la gouvernance macroniste.
En outre, le PS a promis une méthode respectueuse, évitant l’usage de l’article 49.3. Rémi Branco rassure : « On ne reproduira pas la même stratégie que Jean-Luc Mélenchon en 2024 ». L’absence de volonté de recourir à des mesures controversées pourrait faciliter l’instauration d’un accord sur des questions fiscales, avec des concessions potentielles sur des réformes sensibles telles que celle des retraites.
La question de la nomination du prochain Premier ministre reste cruciale. Un responsable politique confie qu’une personnalité de gauche non provocatrice serait bienvenue, mentionnant Olivier Faure comme une option potentielle mais risquant de polariser certains élus. Dans ce contexte, Marine Tondelier de l’écologie ne semble pas être une candidate privilégiée, alors qu’elle se prépare à divers scénarios, y compris celui d’une dissolution.
Enfin, la possibilité d’un gouvernement socialiste obtient toutefois des avis partagés. Ian Brossat anticipe que les insoumis ne s’opposeraient pas à un gouvernement de gauche, tandis que Xavier Iacovelli avertit que Mélenchon ne se laissera pas supplanter par les socialistes en vue de futures échéances électorales.