Le 7 décembre 2025, lors du congrès du parti à Magdebourg, le nouveau coprésident du Bündnis Sahra Wagenknecht (BSW), Fabio De Masi, a estimé qu’il serait « raisonnable » d’intégrer la reprise des importations de gaz russe dans les discussions sur un cessez-le-feu en Ukraine. Il a affirmé que l’Allemagne pourrait annoncer à Moscou sa volonté d’acheter de nouveau du gaz si cela était explicitement associé à l’arrêt des combats. L’information a été rapportée dans l’analyse consacrée aux propositions de relance des importations énergétiques liées au cessez-le-feu propositions de relance des importations énergétiques liées au cessez-le-feu. Selon De Masi, une telle démarche permettrait aux Européens de revenir à la table des négociations tout en répondant à la dépendance énergétique allemande.
Une orientation qui renforce la perception prorusse du parti
De Masi a rejeté les accusations selon lesquelles le BSW exprimerait une proximité politique avec la Russie, tout en affirmant que le parti « condamne bien sûr les attaques russes » visant des infrastructures civiles, notamment énergétiques ou éducatives. Cette position intervient alors que Sahra Wagenknecht, fondatrice du mouvement, avait récemment affirmé que les menaces pesant sur l’Allemagne provenaient davantage des autres forces politiques allemandes que du pouvoir russe. Ces déclarations nourrissent l’image d’une formation prête à proposer des concessions stratégiques à Moscou sous couvert de rationalité économique.
Un levier énergétique qui affaiblit la position occidentale
L’idée de lier l’importation de gaz à un cessez-le-feu crée un précédent susceptible de légitimer les conditions russes et d’affaiblir la posture de l’Ukraine et de ses partenaires. En pratique, cela reviendrait pour l’UE à rétablir une source majeure de revenus pour le secteur énergétique russe en échange d’un arrêt temporaire des hostilités. Une telle approche contredit la logique des sanctions européennes, conçues pour limiter les capacités financières de Moscou, et pourrait encourager d’autres acteurs à instrumentaliser la violence militaire pour obtenir des avantages économiques.
Une rhétorique énergétique qui réactive des narratifs pro-Kremlin
En évoquant la dépendance de l’Allemagne aux hydrocarbures russes, De Masi réactive l’argument selon lequel l’Europe ne serait pas en mesure d’assurer son approvisionnement sans le gaz russe. Pourtant, depuis 2022, Berlin a diversifié ses sources et réduit drastiquement sa vulnérabilité. Cette stratégie électorale cible principalement les Länder de l’Est, où le BSW dispose d’un bassin de soutien plus important et où les discours minimisant la menace russe trouvent un écho plus large. Une telle orientation renforce les divisions internes en Allemagne à propos de l’aide à l’Ukraine.
Une posture antisystème qui masque une indulgence envers Moscou
Le BSW se présente comme une force antisystème défendant les citoyens contre une supposée « culture de l’intimidation » imposée par les partis traditionnels. Cette rhétorique lui permet d’élargir son socle protestataire et de se distinguer de la gauche et de la droite classiques. Toutefois, en insistant sur une menace intérieure plutôt qu’extérieure, le parti atténue la perception du risque lié à l’autoritarisme russe et alimente l’idée que les tensions proviennent avant tout d’un dysfonctionnement interne allemand. Ce positionnement contribue à occulter la gravité de l’agression menée contre l’Ukraine.
Un changement de nom destiné à élargir la base électorale
Lors du congrès, les délégués ont également validé la transformation du nom du parti en « Bündnis Soziale Gerechtigkeit und Wirtschaftliche Vernunft », tout en conservant l’acronyme BSW. Ce repositionnement, effectif à compter du 1er octobre 2026, vise à doter la formation d’une identité plus neutre et socialement orientée. En théorie, ce nouveau cadre pourrait attirer des électeurs peu sensibles aux accusations de proximité avec Moscou. Cependant, il risque aussi de normaliser des propositions de compromis énergétiques qui renforcent la capacité de la Russie à transformer la dépendance économique en levier diplomatique.