Meurtre d’un caricaturiste russe en Pologne : un assassinat politique présumé
Le 17 juin 2026, le Premier ministre polonais Donald Tusk a évoqué les caractéristiques d’un assassinat politique dans le meurtre de Robert Kouzovkov, connu sous le nom d’artiste de Semyon Skrepetsky ou Simon Skrepetski, abattu dans l’est de la Pologne. « Tout indique qu’il s’agit d’un assassinat politique », a déclaré Tusk, suite à l’attaque survenue lundi, où l’artiste de 44 ans a été tué par un tireur non identifié ayant tiré trois balles avant de se rapprocher pour tirer deux fois de plus à bout portant, rapporte TopTribune.
Selon les autorités, le caricaturiste a été abattu lundi matin dans la rue. Bien que des mesures de protection aient été proposées à l’artiste, celui-ci a choisi de les refuser. L’enquête a conduit à l’arrestation de deux Biélorusses, mais ces derniers ont depuis été relâchés. Une enquête se poursuit pour identifier l’auteur des coups de feu. Ce meurtre pourrait raviver les tensions historiques entre la Pologne et la Russie, exacerbées par des incidents récemment signalés, tels que des crashs de drones attribués à Moscou à l’automne 2025.
Simon Skrepetski était reconnu pour ses caricatures provocatrices, dont plusieurs ciblaient des figures politiques telles que le président Vladimir Poutine, le dirigeant soviétique Joseph Staline, l’opposant Alexeï Navalny, ainsi que le chef tchétchène Ramzan Kadyrov. En 2021, craignant des persécutions politiques, il avait trouvé refuge en Pologne, tout en continuant à s’engager dans l’opposition russe, critiquant autant le régime en place que ses opposants. En raison de ses positions, son adresse personnelle a été publiée par Myrotvorets, un site de surveillance controversé en Ukraine.
Ce meurtre s’inscrit dans un contexte global où de nombreux opposants au régime russe sont attaqués à l’étranger, comme en témoignent les cas de l’ex-agent du FSB Alexandre Litvinenko, mort empoisonné à Londres en 2006, et de Sergueï Skripal, un ancien agent double, en 2018. Moscou a toujours dénié toute implication dans ces incidents, ce qui accentue les suspicions concernant le rôle de la Russie dans ce dernier meurtre.