Le 24 juillet 2026, les parlementaires japonais ont donné leur approbation à un projet de loi visant à désigner une seconde ville comme capitale de secours du Japon. Avec cette initiative, Tokyo recevra un nouveau centre politique et économique capable d’assumer des responsabilités en cas de catastrophe majeure, rapporte TopTribune.
Le texte législatif répond à une menace spécifique. Le gouvernement japonais estime qu’il y a environ 70 % de chances qu’un séisme d’une magnitude de 7 touche la région métropolitaine de Tokyo dans les trois prochaines décennies. L’objectif de cette loi est d’assurer la continuité des fonctions gouvernementales même si la capitale est touchée par un tremblement de terre ou d’autres urgences de grande magnitudes.
La loi dénonce explicitement le phénomène de « surconcentration », qui se réfère à l’accumulation excessive de population, d’activités économiques, et de fonctions administratives à Tokyo, un déséquilibre que cette nouvelle législation ambitionne de corriger. Des investissements dans des infrastructures publiques et des liaisons de transport y sont prévus, ainsi que des incitations fiscales pour les zones qui seront désignées à l’avenir.
Un aspect intéressant de la loi est qu’elle permet à plusieurs préfectures d’obtenir simultanément le titre de seconde capitale, plutôt que de l’imposer à une seule région.
Les villes candidates doivent respecter plusieurs critères :
- Présence de ministères et d’organismes gouvernementaux,
- Concentration de la population,
- Force de l’économie locale,
- Faible risque de catastrophes naturelles, similaire à la région de Tokyo.
Une structure administrative adéquate sera exigée, pouvant se traduire par la création de zones spéciales ou un accord de coopération entre la ville sélectionnée et le gouvernement provincial. En retour, les territoires choisis bénéficieront d’allègements fiscaux et d’une réglementation assouplie.
Cinq préfectures engagées dans la compétition
Cette adoption a aussitôt déclenché une compétition entre diverses collectivités. À Osaka, le gouverneur Hirofumi Yoshimura, qui est également le chef du Parti de l’innovation du Japon, a exposé sa détermination lors d’une visite à Nagoya le 25 juillet 2026, suggérant que le pays désigne plusieurs régions pour établir de nouveaux centres économiques et administratifs.
Il a aussi prévu d’organiser un référendum au printemps prochain sur un plan d’urbanisme visant à dissoudre la ville d’Osaka au profit de plusieurs zones spéciales, un projet phare de son parti.
Du côté de Fukuoka, le gouverneur Seitaro Hattori a annoncé le 24 juillet 2026 que la préfecture collaborerait avec d’autres collectivités et le secteur privé pour soutenir sa candidature, en s’appuyant sur le concept « Fukuoka tout entier ». Ce projet viserait à établir un mécanisme de coopération impliquant les municipalités de Fukuoka et de Kitakyushu.
Aichi n’est pas en reste ; son gouverneur Hideaki Omura a réagi le soir même du vote, assurant qu’Aichi et Nagoya possédaient toutes les capacités nécessaires pour remplir ce rôle. Hokkaido, par l’intermédiaire de son gouverneur Naomichi Suzuki, a indiqué que la préfecture engagerait prochainement des discussions concrètes avec la ville de Sapporo suite à la promulgation de la loi, après ayant déjà échangé avec des experts.
Enfin, dans la préfecture de Miyagi, le gouverneur Yoshihiro Murai a exprimé son intérêt dès le 22 juillet 2026, révélant que sa région soumettrait une proposition si elle pouvait satisfaire aux critères exigés.
Cinq préfectures portent chacune des stratégies distinctes dans cette compétition. La sélection des futures secondes capitales du Japon reste encore à déterminer et pourrait déboucher sur des changements notables pour l’architecture administrative et politique du pays.