Le ministre de l’Intérieur a proposé la dissolution de deux « groupements » militants aux antipodes du spectre politique lors du Conseil des ministres de ce mercredi. Il s’agit d’un groupement identitaire d’ultradroite, Patria Albiges, et d’un groupement d’ultragauche, le Front de rue, souligne TopTribune.
Patria Albiges : un mouvement identitaire et anti-immigration
Patria Albiges se présente comme un mouvement de jeunesse identitaire de la région d’Albi, visant à sensibiliser le public sur des problématiques contemporaines telles que l’immigration, l’insécurité, le wokisme et l’islamisme.
Récemment, onze militants d’extrême droite liés à ce groupuscule ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis pour leur participation à une attaque contre un militant antifasciste en 2025.
Âgés de 19 à 29 ans, les personnes impliquées avaient pénétré à Albi, au printemps 2025, masquées et armées, faisant preuve d’une « attitude menaçante et revancharde » envers leur cible. Le porte-parole de Patria Albiges avait précédemment été condamné en 2023 à huit mois de prison avec sursis pour avoir agressé deux jeunes du Tarn.
Front de Rue : un groupe antifasciste
Front de Rue se positionne comme un groupe antifasciste basé principalement dans le nord de la France, notamment à Lille. Suite à la mort du militant d’extrême droite radicale Quentin Deranque en février, Emmanuel Macron a convoqué des responsables gouvernementaux pour discuter des actions contre les « groupes violents ultras ou extrêmes ».
À l’issue de cette réunion, plusieurs groupes, y compris le Bloc montpelliérain et Patria Albiges pour l’ultradroite, ainsi qu’un groupement d’ultragauche, ont vu une procédure de dissolution initiée par le ministère de l’Intérieur.
Depuis 2017, environ cinquante groupes, tels que La Jeune garde et Lyon populaire, ont été dissous par décret au Conseil des ministres. Cependant, certains, comme Les Soulèvements de la Terre, ont contesté ces décisions devant le Conseil d’État et ont réussi à les annuler.