Le fisc russe anticipe une perte de 2 000 milliards de roubles dans les recettes pétrolières et gazières
Le fisc russe anticipe une perte de 2 000 milliards de roubles dans les recettes pétrolières et gazières

Le fisc russe anticipe une perte de 2 000 milliards de roubles dans les recettes pétrolières et gazières

16.07.2026 17:20
2 min de lecture

Le service fédéral des impôts (FPS) de la Russie prévoit un manque à gagner de près de 2 000 milliards de roubles dans les recettes provenant des hydrocarbures pour l’année 2026, un signe de la crise systémique qui frappe l’économie russe, rapporte TopTribune.

Selon des données internes du FPS, le déficit touche principalement le secteur des matières premières. La taxe sur l’extraction des minéraux (TEM) sur les hydrocarbures et la taxe sur le revenu supplémentaire (TRS) devraient rapporter 1,99 trillion de roubles de moins que prévu en 2026. Le secteur extractif russe montre une baisse d’efficacité sous l’effet des sanctions et de la réduction des volumes de production.

Un déficit concentré sur le pétrole

Le principal facteur de dégradation est le non-respect des objectifs de collecte de la TEM sur le pétrole. Alors que le budget prévoyait 7,91 trillions de roubles, les recettes annuelles estimées ne sont que de 6,55 trillions, soit un manque de 1,36 trillion de roubles. Pour le premier semestre 2026, les recettes de la taxe sur le revenu supplémentaire liée aux hydrocarbures n’ont atteint que 442,9 milliards de roubles contre 850 milliards prévus, soit un déficit de 407,1 milliards. Sur l’ensemble de l’année, la perte sur ce poste est estimée à 588,7 milliards de roubles.

Les recettes de la TEM sur le gaz et le condensat de gaz sont également en retard. Le manque à gagner annuel pour le condensat de gaz atteint 81,7 milliards de roubles (579,1 milliards réalisés contre 660,8 milliards prévus). Seule la TEM sur le gaz naturel a enregistré un léger excédent de 8,6 milliards de roubles au premier semestre, insuffisant pour compenser les pertes du pétrole.

Les causes : prix, production et taux de change

Le FPS explique cette chute par la conjonction de trois facteurs : la baisse du prix du pétrole de 12,1 % entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026 (de 57 à 50 dollars le baril), le renforcement du rouble par rapport au dollar et la réduction des volumes d’extraction par rapport aux paramètres budgétaires. Les sanctions occidentales pèsent directement sur la capacité de la Russie à maintenir sa production.

Des signaux inquiétants dans d’autres secteurs

Les accises intérieures sur les produits pétroliers sont en baisse de 10,3 milliards de roubles par rapport au plan au premier semestre 2026, en raison d’une chute des ventes de gazole de 8,6 %, signe d’un ralentissement de l’activité économique et du fret. Les accises sur le kérosène ont explosé : au lieu des 39,9 milliards de roubles prévus, l’État a dû verser 59,1 milliards de subventions, illustrant la dépendance de l’aviation civile aux aides publiques. Les accises sur le gaz naturel ont également sous-performé de 12,8 milliards de roubles, en raison de la perte de marchés étrangers.

Le FPS prévoit un manque à gagner annuel de 27,7 milliards de roubles sur les accises intérieures, notamment sur les automobiles et l’alcool, reflétant la baisse du pouvoir d’achat des ménages et des entreprises.

Des tentatives de compensation inefficaces

Le Kremlin a tenté de combler le déficit des recettes pétrolières en augmentant la TVA et l’impôt sur les sociétés. Si ces mesures ont rapporté des fonds supplémentaires au premier semestre, le FPS estime que l’excédent de 280,7 milliards de roubles sur l’impôt sur les sociétés est temporaire. Pour l’année, le solde de cet impôt devrait se dégrader pour atteindre un déficit de 134 milliards de roubles par rapport aux prévisions budgétaires.

Les recettes de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ont dépassé le plan de 21,8 milliards de roubles au premier semestre, mais uniquement en raison de la hausse forcée des salaires liée à l’inflation et à la pénurie de main-d’œuvre. Cette hausse reflète les déséquilibres du marché du travail, non une reprise économique réelle.

Au total, la crise budgétaire russe s’aggrave : les pertes sur les seuls impôts pétroliers et gaziers pourraient dépasser 2 000 milliards de roubles en 2026. Les données du FPS confirment que les recettes de l’État russe continuent de se détériorer sous l’effet des sanctions et de la baisse de la production.

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