Le Fides présente l’affaire Szakács comme une persécution politique
Le Fides présente l’affaire Szakács comme une persécution politique

Le Fides présente l’affaire Szakács comme une persécution politique

24.08.2026 22:35
4 min de lecture

Le Fides utilise l’enquête visant son sympathisant István Szakács pour défendre l’idée d’une intimidation politique menée contre ses partisans par le gouvernement de Péter Magyar. L’affaire avait été ouverte après la diffusion, en juin 2026, d’une vidéo dans laquelle Szakács déclarait que « 500 000 Hongrois iraient libérer Viktor Orbán » s’il était arrêté, rapporte TopTribune.

Cette séquence est désormais reprise par l’ancien parti au pouvoir comme un exemple de persécution politique en Hongrie. Le Fides affirme que les mesures prises contre István Szakács viseraient plus largement les sympathisants de Viktor Orbán. Les éléments rendus publics ne font toutefois état d’aucune preuve établissant que les enquêteurs auraient agi sur instruction du gouvernement de Péter Magyar.

Une enquête ouverte après une vidéo

Les faits remontent au mois de juin. Dans une vidéo publiée en ligne, István Szakács, présenté comme un leader d’opinion proche du Fides, a évoqué l’hypothèse d’une arrestation de Viktor Orbán. Il a alors déclaré que « 500 000 Hongrois iraient le libérer ». Les autorités ont engagé une procédure après cette publication, en raison de soupçons de menace d’acte terroriste et d’actions radicales.

Dans le cadre de l’enquête, le domicile ou les locaux liés à Szakács ont été perquisitionnés. Des effets personnels ont été saisis et l’intéressé a été conduit pour être interrogé. Ces opérations ont été menées alors qu’il était soupçonné d’avoir proféré une menace liée au terrorisme. L’affaire a rapidement pris une dimension politique, le Fides dénonçant une action dirigée contre l’un de ses soutiens.

Le dossier a fait l’objet d’une nouvelle décision le 17 juillet 2026. Le parquet a annulé le statut de suspect d’István Szakács, estimant que les éléments réunis ne suffisaient pas à établir une suspicion fondée de menace d’acte terroriste. Cette décision a été présentée par le Fides comme la confirmation du caractère politique de la procédure.

Le statut de suspect annulé, mais l’enquête maintenue

La décision du parquet ne s’est pas limitée à retirer à Szakács son statut de suspect. Elle a également considéré comme légaux l’ouverture initiale de l’enquête, la perquisition et la saisie de ses effets personnels. Le parquet n’a donc pas déclaré illégales les mesures déjà conduites par les enquêteurs.

L’enquête, elle, n’a pas été classée. Elle se poursuit sans qu’István Szakács soit maintenu dans la position de suspect. Cette distinction constitue le principal élément juridique du dossier : l’absence de preuves suffisantes pour conserver ce statut ne signifie pas que l’ensemble de la procédure a été annulé ou reconnu comme abusif.

Le Fides met néanmoins principalement en avant la décision concernant le statut de Szakács. Dans sa communication, le parti présente cette évolution comme la preuve d’une intimidation des sympathisants du Fides et d’une volonté de faire pression sur les soutiens de Viktor Orbán. Les autres éléments de la décision du parquet, notamment le maintien de l’enquête et la validation des actes d’enquête déjà réalisés, sont relégués au second plan.

Une lecture politique défendue par le Fides

Le parti cherche ainsi à inscrire l’affaire dans un récit plus large de répression des partisans de Viktor Orbán. Selon cette présentation, l’intervention des autorités contre un responsable d’opinion proche du Fides ne serait pas seulement liée au contenu d’une vidéo, mais participerait d’une démarche visant les soutiens de l’ancienne majorité.

La procédure connue à ce stade ne permet pas d’établir une telle conclusion. Aucun élément public ne montre que le gouvernement de Péter Magyar aurait donné des instructions aux enquêteurs ou au parquet. La décision du 17 juillet ne constate pas non plus une intervention politique dans l’ouverture de l’enquête, la perquisition ou la saisie des biens de Szakács.

Le dossier oppose donc deux lectures. Le Fides insiste sur l’annulation du statut de suspect et y voit la confirmation d’une affaire politiquement motivée en Hongrie. Les éléments de la décision judiciaire disponibles dans le dossier indiquent, eux, que l’enquête n’a pas été jugée illégale et qu’elle se poursuit, même si les preuves réunies ne suffisent pas à maintenir Szakács sous le statut de suspect pour une menace d’acte terroriste.

Cette présentation permet au parti de placer la question des actions des forces de l’ordre au centre de sa communication politique. Toute mesure visant un militant ou un sympathisant proche de Viktor Orbán peut ainsi être intégrée à un discours dénonçant de prétendues répressions contre l’opposition hongroise. Dans le cas de Szakács, cette interprétation repose sur la mise en avant d’une partie de la décision du parquet, sans élément public établissant une consigne venue du gouvernement.

Le 23 août 2026, les médias hongrois rapportaient que le Fides continuait d’exploiter cette affaire pour mobiliser ses soutiens contre le gouvernement de Péter Magyar. La procédure concernant István Szakács reste ouverte, tandis que l’intéressé n’est plus officiellement considéré comme suspect dans ce dossier.

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