Le diabète de type 5 reconnu comme une nouvelle maladie touchant des millions de personnes dans le monde

Le diabète de type 5 reconnu comme une nouvelle maladie touchant des millions de personnes dans le monde

06.10.2026 07:06
2 min de lecture

Le 8 avril 2025, le diabète sucré lié à la malnutrition a été officiellement reconnu comme diabète de type 5 par la Fédération internationale du diabète (FID). Cette pathologie, souvent sous-diagnostiquée et rarement étudiée, affecte principalement les populations les plus vulnérables, rapporte TopTribune.

On estime que entre 20 et 25 millions de personnes à travers le monde, surtout dans les pays à faible revenu, pourraient souffrir de ce nouveau type de diabète. Nombre d’entre elles sont à tort diagnostiquées avec un diabète de type 1 ou de type 2, ce qui peut conduire à des traitements inappropriés.

Quelles différences avec les diabètes de type 1 et 2 ?

Le diabète de type 5 se distingue nettement des diabètes de type 1 et 2. Contrairement au diabète de type 1, qui est auto-immun, et au diabète de type 2, qui est lié au mode de vie, le diabète de type 5 se manifeste par un déficit en insuline causé par une sous-nutrition chronique, particulièrement durant l’enfance et l’adolescence. La capacité du pancréas à produire de l’insuline est altérée. Les patients présentent souvent un indice de masse corporelle (IMC) faible, inférieur à 19 kg/m², et des antécédents de sous-nutrition. « Le diabète de type 1 est le résultat de la destruction auto-immune des cellules productrices d’insuline. Le diabète de type 2 se caractérise par l’incapacité de l’organisme à utiliser l’insuline qu’il produit. Le diabète de type 5 est distinct. On pense qu’il découle d’un développement altéré du pancréas dû à des carences nutritionnelles à long terme », précise la FID.

Les risques associés à ce type de diabète incluent une alimentation maternelle inadéquate durant la grossesse, des carences nutritionnelles précoces, des infections répétées durant l’enfance et des périodes prolongées d’insécurité alimentaire à l’âge adulte. Même les pays développés ne sont pas épargnés : « les réfugiés et les migrants ayant connu une privation nutritionnelle prolongée peuvent conserver un risque accru, même après leur installation dans des pays à revenu plus élevé », ajoute la FID.

Comment le reconnaître ?

Le diagnostic du diabète de type 5 repose actuellement sur divers critères, notamment une faible production d’insuline, l’absence d’auto-anticorps typiques du diabète de type 1 et des antécédents de sous-nutrition prolongée. Cependant, il n’existe pas encore de test spécifique pour confirmer cette condition, et les critères diagnostiques officiels sont en cours d’élaboration.

Les symptômes comprennent une soif excessive, des mictions fréquentes, une fatigue ou un épuisement, une vision floue, une perte de poids inexpliquée et une augmentation de l’appétit. Les options de traitement actuelles incluent un soutien nutritionnel, des médicaments oraux pour stimuler la sécrétion d’insuline et une insulinothérapie, si nécessaire. En l’absence de diagnostic ou de traitement adéquat, le risque de complications augmente, y compris des maladies rénales, des lésions nerveuses et des troubles de la vision, réduisant considérablement l’espérance de vie.

Former les professionnels de santé

Le Congrès mondial du diabète 2025 de la FID a également lancé un groupe de travail qui aura pour mission d’élaborer des critères diagnostiques formels et des directives thérapeutiques pour le diabète de type 5. Ce groupe s’attachera à créer un registre mondial des patients pour recueillir des données, soutenir la recherche et développer des modules de formation pour les professionnels de santé. Les résultats de leurs travaux pourraient être présentés en 2027.

« La reconnaissance du diabète de type 5 marque un changement historique dans notre approche du diabète à l’échelle mondiale. Pendant trop longtemps, cette maladie est restée méconnue, affectant des millions de personnes et les privant d’un accès à des soins adaptés. Avec le lancement du groupe de travail sur le diabète de type 5, nous prenons des mesures décisives pour corriger cela. C’est une question d’équité, de science et de vies sauvées », a déclaré le président de la FID, le Pr Peter Schwarz.

Source : Lancet Glob Health, FID

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