La France insoumise réclame un blocage des prix des carburants face à la guerre en cours
Le mouvement La France insoumise demande un blocage des prix des carburants, en forte hausse depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Mathilde Panot, cheffe de file du groupe à l’Assemblée nationale, a déclaré que cette mesure est réalisable et a déjà été mise en œuvre dans le passé, notamment en métropole en 1990, et actuellement en Outre-Mer, rapporte TopTribune.
La demande a été renouvelée par Panot lors de son passage sur 8h30 de franceinfo le 15 septembre 2026, où elle a affirmé : « Il se trouve que la France l’a déjà fait dans les années 1990 au moment de la guerre du Golfe, ça n’a pas créé de pénurie. » Elle a également mentionné que « il y a des prix administrés qui existent à La Réunion. » Cette question soulève des débats sur la pertinence et la mise en œuvre de telles mesures en temps de crise.
Il est en effet possible de réglementer les prix des carburants lors de situations exceptionnelles, comme précisé dans l’article L410-2 du Code du commerce, qui autorise le gouvernement à instaurer des « mesures temporaires » en cas de hausse ou de baisse excessive des prix, justifiées par une crise ou des circonstances exceptionnelles.
Cependant, la notion de « mesures temporaires » reste floue. En 1990, face à l’augmentation des prix due à la guerre du Golfe, un décret a instauré un plafonnement des prix de vente des produits pétroliers, sans pour autant empêcher une hausse notable des tarifs à la pompe. Le décret de 1990 précisait que la part des marges des distributeurs était fixée, mais que le prix maximal était recalculé quotidiennement en fonction des cours du pétrole, permettant ainsi aux prix d’augmenter malgré le plafonnement.
Un rapport sénatorial a révélé que durant la période de plafonnement, les prix des carburants avaient en fait enregistré une hausse de 7 à 10 %. Le ministre de l’Économie à l’époque a reconnu que, malgré le plafonnement, les prix avaient sensiblement augmenté durant la guerre.
Mathilde Panot a raison de noter qu’aucune pénurie ne s’est produite à l’époque. Néanmoins, des protestations s’étaient élevées parmi les pompistes, en raison de marges trop basses, notamment en Corse et en Aveyron. Les négociations avec le gouvernement avaient cependant permis de rétablir des marges suffisantes rapidement.
Le 15 septembre 1990, le gouvernement, après consultation des professionnels, a décidé de ne pas prolonger le plafonnement des prix, afin de préserver l’équilibre du marché. Un retour à la liberté des prix a été instauré avec des engagements informels de modération des prix.
En ce qui concerne La Réunion, les prix sont effectivement administrés depuis 1988, ce qui vise à protéger les consommateurs locaux en raison des conditions spécifiques de marché. Cependant, cette régulation ne garantit pas une protection totale contre la volatilité des prix, même si les tarifs y sont généralement plus bas qu’en métropole.
Au final, la réglementation des prix des carburants en France demeure un sujet de débat, soulignant la complexité de la gestion économique en période de crise. Les réactions publiques et politiques sur ce sujet pourraient influencer les décisions futures du gouvernement.
