L’augmentation alarmante des cas de cancer chez les moins de 50 ans
Une nouvelle étude révèle une forte hausse des cas de cancer chez les personnes de moins de 50 ans, soulignant une situation préoccupante de santé publique. Bien que l’âge reste le principal facteur de risque, la prévalence de certains cancers augmente chez les jeunes, rapporte TopTribune.
« Les taux d’incidence sont aujourd’hui plus élevés dans cette tranche d’âge que chez les personnes du même âge au cours des décennies précédentes. En résumé, certains cancers sont de plus en plus nombreux chez les personnes jeunes », observe la Dre Vanessa Gordon-Dseagu dans un article publié le 6 octobre sur le site du World Cancer Research Fund International (WCRF).
Le WCRF a étudié les taux d’incidence de 12 types de cancer aux États-Unis et aux Pays-Bas entre 2020 et 2023, ainsi qu’en Angleterre entre 2001 et 2023. L’analyse des publications permet de déterminer les facteurs pouvant expliquer l’augmentation des cancers chez les jeunes. Quels cancers à début précoce ont enregistré une hausse significative, selon les pays et le sexe ?
Quels sont les types de cancer concernés ?
Aux États-Unis, les cancers du sein, colorectal, de l’utérus, du rein, du foie, du pancréas et de l’estomac ont augmenté chez les femmes, tandis que les hommes présentent une hausse des cancers colorectal, du rein, du pancréas et de l’estomac.
Aux Pays-Bas, les cancers du col de l’utérus, colorectal, du rein et du foie ont progressé chez les femmes ; chez les hommes, les cancers colorectal, du rein et du foie sont en augmentation.
En Angleterre, les femmes font face à une hausse des cancers du sein, colorectal, du col de l’utérus, de l’utérus, du rein, du foie, du pancréas et de l’estomac. Pour les hommes, les cancers colorectal, du rein, du foie, du pancréas et de la prostate sont en forte augmentation.
Quels sont les facteurs de risque modifiables de ces cancers ?
Bien que les causes de cette augmentation ne soient pas entièrement établies, certains comportements et facteurs de risque modifiables ont été identifiés : le surpoids et l’obésité, un manque d’activité physique, une alimentation riche en viande rouge et en viandes transformées, une consommation forte de restauration rapide et de boissons sucrées, ainsi qu’une alimentation pauvre en fibres.
Inversement, une alimentation riche en céréales complètes, fruits, légumes et légumineuses pourrait contribuer à réduire les risques. Actuellement, il est reconnu que 40 % des cas de cancer sont évitables, particulièrement ceux liés au tabagisme, à l’alcool, au surpoids, au niveau d’activité physique ou à l’exposition au soleil.
« Lorsque la fréquence de ces comportements évolue dans une population, les taux de cancer peuvent également changer. Cela pourrait expliquer une partie, mais pas la totalité, de l’augmentation des cancers à début précoce », note le WCRF.
Quelles sont les autres causes soupçonnées ?
Les changements environnementaux sont également suspectés de contribuer à l’augmentation des cas de cancer chez les jeunes, même si aucune exposition unique ne permet de l’expliquer. « Les scientifiques s’intéressent à la possibilité qu’une exposition prolongée aux polluants, aux produits chimiques, aux plastiques, ainsi qu’à la pollution de l’eau et de l’air, puisse augmenter le risque de cancer. » Ils cherchent également à comprendre comment l’environnement pourrait modifier le microbiote intestinal.
Une autre hypothèse suggère que la sensibilisation accrue des jeunes adultes aux signes du cancer les incite davantage à consulter des professionnels de santé. Cependant, l’amélioration du diagnostic et du dépistage ne peut pas à elle seule expliquer l’augmentation des cas de cancer.
Les taux d’obésité multipliés par quatre chez les adolescents
Concernant les mécanismes biologiques potentiellement en cause, « le surpoids et l’obésité sont connus pour contribuer à une inflammation systémique de l’organisme, à une résistance à l’insuline et à des modifications hormonales susceptibles d’augmenter le risque de cancer ». Ces conditions sont également liées à un risque accru de diabète de type 2, qui est lui-même associé à une incidence plus élevée de cancers.
Depuis les années 1990, selon l’OMS, les taux d’obésité ont doublé chez les adultes et quadruplé chez les adolescents. « Les recherches indiquent également que l’alimentation, les antibiotiques, la pollution et d’autres expositions liées à la vie moderne pourraient modifier l’inflammation et le fonctionnement du système immunitaire et, par conséquent, influencer le développement des cancers », ajoute Vanessa Gordon-Dseagu.
Génétique, microbiote, facteurs de risque modifiables, environnement… Comprendre avec précision les mécanismes en jeu doit désormais être une priorité de recherche. « Compte tenu du rythme des recherches actuelles, les progrès scientifiques devraient permettre, dans un avenir relativement proche, d’améliorer la prévention, la sensibilisation, la détection précoce et la personnalisation des traitements. »
