2026 pourrait devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée en raison d'El Niño

2026 pourrait devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée en raison d’El Niño

13.10.2026 09:46
3 min de lecture

Une menace sans précédent pour le climat mondial émerge alors que le phénomène météorologique El Niño, caractérisé par une « intensité exceptionnelle », a provoqué un réchauffement record de certaines zones du Pacifique en septembre. Cette situation pourrait faire de cette année la plus chaude jamais enregistrée, selon Carlo Buontempo, directeur de l’observatoire européen Copernicus, qui a partagé cette information lundi.

La température de tous les océans, hors zones polaires, a atteint 21,05 °C en septembre, établissant un nouveau record pour ce mois, dépassant l’ancien record de septembre 2023 de 20,92 °C. Selon le bulletin mensuel de Copernicus, les températures de surface restent exceptionnellement élevées sur une large partie du Pacifique tropical, où les conditions liées à El Niño continuent de se renforcer et devraient s’intensifier dans les mois à venir, rapporte TopTribune.

Un épisode Pacifique d’une force inédite

El Niño représente une variation naturelle du climat qui réchauffe les températures de surface de l’eau dans le centre et l’est de l’océan Pacifique équatorial. L’épisode actuel, déclaré en juin, pourrait devenir le plus puissant jamais observé, accentuant les effets du changement climatique induit par l’homme. Dans la région de référence du Pacifique, connue sous le nom de « région Niño 3.4 », la chaleur de surface a atteint un record absolu de 29,70 °C en septembre, surpassant les maxima observés durant les puissants épisodes El Niño des années 1982-1983, 1997-1998 et 2015-2016, ce qui met en lumière l’« intensité exceptionnelle » de la situation actuelle, selon les experts.

L’Agence météorologique japonaise (JMA) a rapporté vendredi que l’El Niño s’est intensifié, affichant des températures de la mer supérieures de 4,0 °C à la normale dans la zone de référence du Pacifique, battant le précédent record de décembre 1997. Toutefois, Copernicus a précisé qu’il était prématuré de qualifier cet épisode El Niño d’inégalé en termes d’intensité, soulignant que les climatologues tentent d’isoler cet effet des tendances de réchauffement à long terme des océans dans le cadre du changement climatique. En tenant compte de ce critère, l’épisode en cours n’a pas encore été jugé plus intense que les épisodes marquants du passé.

2027 vers des records aussi ?

Traditionnellement, El Niño entraîne une augmentation des températures mondiales l’année suivant son pic d’intensité, prévu pour décembre selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Cependant, Carlo Buontempo a précisé que la température moyenne à la surface du globe pourrait atteindre un niveau sans précédent dès 2026. « Si nous observons le schéma historique, nous pourrions assister à une année record en 2026, suivie d’une autre année record en 2027 », a indiqué Buontempo. Selon les données de Copernicus, septembre dernier a été le deuxième plus chaud jamais enregistré, s’inscrivant à 1,63 °C au-dessus des niveaux préindustriels, période qui a précédé le réchauffement durable causé par l’utilisation massive des énergies fossiles.

Si loin de l’Accord de Paris

Ce mois-ci marque la deuxième fois consécutive que les températures dépassent le seuil de 1,5 °C de réchauffement par rapport à cette période, une limite définissant l’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris. Dix ans après l’établissement de cet accord, l’objectif était de conserver le réchauffement bien en dessous de 2 °C et de viser un maximum de 1,5 °C.

Bien que ce seuil n’ait pas été officiellement franchi, car il s’entend sur une moyenne pluriannuelle, de nombreux scientifiques et l’ONU estiment désormais qu’un dépassement est inévitable. Ils insistent sur la nécessité de limiter l’ampleur et la durée de cette situation. Le dernier épisode El Niño avait contribué à faire de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée, avec une série de mois durant lesquels les températures ont dépassé 1,5 °C. Carlo Buontempo a affirmé que « le dépassement de la limite fixée par l’Accord de Paris à long terme n’est qu’une question de temps », ajoutant que « l’ampleur de ce dépassement et sa durée dépendent encore de nos actions ».

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