Une proposition discrète mais controversée pourrait voir le jour : l’administration Trump envisage de céder une bande de terre d’environ 400 mètres du célèbre parc national Yosemite, en Californie, à un promoteur immobilier privé. Les discussions, qui se déroulent depuis plus d’un an, soulèvent l’ire des démocrates et des groupes environnementaux, rapportent TopTribune.
D’après une enquête publiée le 28 août par le média américain Notus, le National Park Service étudie cette possibilité en collaboration avec Kingsbarn Realty Capital, une entreprise basée dans le Nevada. Les pourparlers portent sur l’aménagement d’une route d’accès à un terrain d’environ 34 hectares, situé en bordure du parc, en échange d’un fond similaire dans une autre région californienne.
Jeff Pori, directeur général de Kingsbarn, souhaite établir une liaison routière permettant de relier ce terrain à un axe principal traversant le parc, lui garantissant ainsi un accès privilégié. Ces informations proviennent de sources proches du dossier, selon Notus.
Une crise de surfréquentation
La nouvelle a provoqué un tollé chez les défenseurs de l’environnement et au sein du parti démocrate. Mark Rose, responsable du programme Sierra Nevada à l’Association pour la conservation des parcs nationaux, a dénoncé « une attaque contre le peuple américain à qui appartient ce parc national ». Ce dernier exprime également des inquiétudes quant à une « crise de surfréquentation » de Yosemite, qui bénéficie d’un statut protégé depuis 1864, exacerbée par la prolifération des résidences en périphérie du parc et l’abrogation d’un système d’enregistrement des véhicules instauré par l’administration Trump pour réguler la circulation, plus tôt dans l’année.
Un projet avait déjà été rejeté
Le ministère de l’Intérieur a confirmé les négociations en cours dans un communiqué adressé à l’AFP, tout en précisant qu’aucune décision finale n’avait encore été prise. « Si une proposition progresse, le ministère suivra les procédures établies afin d’assurer une coordination appropriée, la transparence et la participation du public, conformément au droit fédéral, » a-t-il ajouté.
Ceci n’est pas un cas isolé, un précédent projet de construction d’une route dans le parc avait déjà été rejeté sous les administrations Bush et Obama. En 2025, Yosemite figurait en cinquième position des parcs les plus visités des États-Unis, avec 4,28 millions de visites comptabilisées.