La cause de leur décès n’a pas encore été confirmée, a déclaré le bureau du shérif de Santa Fe. L’artiste de 95 ans avait remporté deux Oscars.
L’acteur Gene Hackman, 95 ans, et sa femme, Betsy Arakawa, une pianiste de 63 ans, ont été retrouvés morts à leur domicile, a annoncé jeudi 27 février le bureau du shérif du comté de Santa Fe, dans l’État américain du Nouveau-Mexique. La cause de leur mort n’a pas été confirmée, mais il ne semble « pas s’agir d’un acte criminel », a déclaré la porte-parole citée par la chaîne américaine CNN(Nouvelle fenêtre).
Gene Hackman a embrassé sur le tard la carrière d’acteur, mais a durablement marqué Hollywood, avec des rôles inoubliables dans French Connection (1971) – qui lui avait valu l’Oscar du meilleur acteur – Mississippi Burning (1988) ou encore Impitoyable (1992).
Né le 30 janvier 1930 à San Bernardino en Californie, l’acteur américain fait ses débuts à 34 ans dans Lilith de Robert Rossen avec Jean Seberg et Warren Beatty. C’est celui-ci qui le recommandera ensuite au réalisateur Arthur Penn pour son premier rôle important, dans le film culte Bonnie and Clyde en 1967. C’est déjà pour Hackman l’heure d’une première nomination – du meilleur second rôle – aux Oscars et aux Golden Globes.
Sa carrière est lancée. Deux rôles clés vont se présenter peu après, qui resteront dans l’histoire du cinéma américain : le policier Jimmy « Popeye » Doyle, aux méthodes contestables, dans French Connection (1971) de William Friedkin qui lui valut un Oscar et un Golden Globe et l’enquêteur taciturne dans Conversation secrète de Francis Ford Coppola en 1974. « Quand je me vois à l’écran, je vois mon grand-père », disait l’acteur américain, dont la mine passe-partout lui avait permis de se faire un nom dans le « nouvel Hollywood » des années 1970.
Gene Hackman a su frayer avec la comédie dans Frankenstein Junior (1974) de Mel Brooks avant de se faire connaître d’un très large public avec son rôle de Lex Luthor dans Superman de Richard Donner en 1978. Le voici à nouveau dans une enquête dans Mississippi Burning – The Roots of Hate, en agent fédéral aux méthodes peu orthodoxes. Le film lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars.
Malgré une période moins faste au début des années 1980, où il n’apparaît plus que dans des seconds rôles, Gene Hackman parvient à relancer sa carrière grâce à son rôle du coach Norman Dale dans Le Grand défi de David Anspaugh (1986) qui remporte un énorme succès commercial aux États-Unis.
Un deuxième Oscar avec « Impitoyable »
S’ensuit le rôle du shérif sadique dans le western Impitoyable de Clint Eastwood (1992), qui lui vaudra son deuxième Oscar. Dans les années 1990, Gene Hackman semble au plus haut de sa carrière et continue de faire mouche auprès d’acteurs plus jeunes, comme Tom Cruise dans La Firme de Sydney Pollack (1993), Sharon Stone, Leonardo DiCaprio et Russell Crowe dans Mort ou vif de Sam Raimi (1995), ou encore Will Smith dans Ennemi d’État de Tony Scott (1998).
À la fin de sa carrière, l’acteur attire de nouveau les acclamations du public et de la critique, notamment pour son rôle dans La Famille Tenenbaum de Wes Anderson (2001) et dans Le Maître du jeu de Gary Fleder (2003), partageant l’affiche avec son vieil ami Dustin Hoffman.
Discret, Gene Hackman n’accordait que peu d’entretiens à la presse et fréquentait encore moins le monde en vase clos de Hollywood. « À Hollywood, tout tourne autour du cinéma : les conversations, les gens que l’on voit, la vie de tous les jours. C’est totalement narcissique. On finit par oublier pourquoi on fait ce métier », disait-il à L’Express en 2000.
Gene Hackman annonce sa retraite en 2004 après le tournage de Bienvenue à Mooseport de Donald Petrie. L’acteur compte ainsi se consacrer à son autre passion, l’écriture. L’homme a en effet écrit trois romans de fiction historique avec l’archéologue sous-marin Daniel Lenihan avant de se lancer en solo dans deux nouveaux romans en 2011 et 2013.