La sécurité économique comme moteur des guerres tarifaires de Trump

La sécurité économique comme moteur des guerres tarifaires de Trump

18.01.2026 00:16
3 min de lecture

Le protectionnisme commercial renaît aux États-Unis sous l’administration Trump

En 2025, le protectionnisme commercial a fait un retour marqué aux États-Unis, à la suite de la fermeture de plusieurs portes douanières. Le président Donald Trump, partisan déclaré des tarifs, a violé en février un accord commercial qu’il avait lui-même négocié avec le Canada et le Mexique en 2018, en imposant de nouveaux tarifs sur les deux pays. Cette décision a été suivie de l’annonce, en mars, de tarifs additionnels sur la Chine, rapporte TopTribune.

Avril 2025 s’est avéré être un mois déterminant : Trump a annoncé des tarifs sur les importations provenant de presque tous les pays. Ces mesures étaient particulièrement choquantes, car le président a invoqué une loi jamais utilisée auparavant pour imposer de tels tarifs, augmentant les taux à des niveaux sans précédent depuis les années 1930. L’opinion publique américaine, désormais préoccupée par les conséquences économiques, a commencé à chercher des informations sur le sujet, rendant le terme « tarif » de plus en plus courant dans les conversations quotidiennes.

Historiquement, les tarifs ont été un outil essentiel de la politique économique américaine, utilisés pour garantir un flux de revenus stable et protéger les industries naissantes. Après la guerre civile, les États-Unis se sont éloignés de cette dépendance vis-à-vis des tarifs pour se concentrer sur la protection des industries locales face à la concurrence européenne. Le Smoot-Hawley Tariff Act de 1930, initialement conçu pour protéger les agriculteurs, a abouti à une perturbation économique significative, entraînant un réexamen des politiques commerciales.

Ce désir de protectionnisme a été largement visible après la crise financière mondiale, alimenté par l’ascension de la Chine et le déclin du moment unipolaire américain. La première administration Trump a marqué un tournant en 2017 en augmentant les tarifs sous prétexte de « sécurité économique », un cap qui a été suivi par le président Joe Biden, et qui semble se maintenir sauf en cas de douleur économique considérable.

Les tarifs, un outil face à de nouvelles menaces

Dès le début de son second mandat, le taux moyen des tarifs aux États-Unis était d’environ 2,4 %. Aujourd’hui, ce taux effectif global atteint 16,8 %, le plus élevé depuis 1935. Pendant son premier mandat, Trump avait également initié une guerre commerciale avec la Chine en imposant des tarifs sur l’acier et l’aluminium. Biden a maintenu la plupart des tarifs, tout en en ajoutant sur des véhicules électriques et des panneaux solaires. Son retour à la Maison Blanche a vu l’expansion des protections commerciales à des niveaux inattendus.

La phrase « sécurité économique » est de plus en plus utilisée à Washington pour désigner l’utilisation des outils économiques comme levier pour atteindre certains objectifs politiques. Toutefois, cette acception large de la sécurité nationale, englobant des préoccupations telles que la sécurité énergétique, la santé publique et le changement climatique, remet en cause la définition même de la sécurité économique.

Les délibérations sur l’utilisation des tarifs pour promouvoir le bien-être général remontent aux débuts de la République. Henry Clay avait plaidé pour des tarifs élevés afin de réduire la dépendance aux importations. Thomas Jefferson, inquiet de cette approche, avait mis en garde contre la dérive du pouvoir législatif, soulignant que des mesures aussi draconiennes n’étaient pas justifiées dans une économie de marché libre.

Au fil du temps, le Congrès a cédé une grande partie de son pouvoir en matière de politique commerciale au président, dans l’espoir qu’il représenterait mieux les intérêts nationaux. Cependant, cette concentration des pouvoirs pourrait nuire à la représentation des différentes industries américaines, amplifiant la logique de protectionnisme. Les récentes décisions de l’administration Trump ont mis au jour les dangers d’un usage excessif du pouvoir exécutif dans le cadre des politiques commerciales.

Les petites entreprises, qui représentent 97 % des importateurs aux États-Unis, ont subi le poids des tarifs, récemment annonçant une perte de 40 000 emplois en septembre. Ces entreprises peinent à naviguer dans un environnement législatif erratique et à absorber les coûts croissants. Cela entraîne une augmentation des prix pour les consommateurs, exacerbé par une attente d’augmentation inévitable dans un panorama économique déjà précaire.

Finalement, l’utilisation de tarifs comme outil de sécurité économique par l’administration Trump a laissé les Américains ni plus en sécurité ni plus prospères, avec de réelles inquiétudes concernant la fiabilité des États-Unis sur le plan international. Si ces tensions se poursuivent, il sera difficile de développer des partenariats profitables à l’avenir.

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