La Russie recrute des femmes détenues d’Asie centrale pour la guerre contre l’Ukraine
La Russie recrute des femmes détenues d’Asie centrale pour la guerre contre l’Ukraine

La Russie recrute des femmes détenues d’Asie centrale pour la guerre contre l’Ukraine

21.01.2026 16:45
2 min de lecture

Le 20 janvier 2026, des médias ont révélé que des femmes originaires de pays d’Asie centrale, détenues dans des prisons russes, se voyaient proposer un départ vers la guerre en Ukraine en échange d’une libération anticipée. Après avoir été utilisées de manière indirecte depuis 2022, notamment pour la fabrication de vêtements et de matériel destinés aux soldats, ces détenues se verraient désormais offrir des rôles de personnel auxiliaire dans la zone de combat, comme infirmières, blanchisseuses ou cuisinières, selon une enquête consacrée au recrutement de femmes migrantes emprisonnées pour la guerre en Ukraine.

Le président de l’organisation de défense des droits humains « Ezgulik » en Ouzbékistan, Abdurakhmon Tachanov, indique ne disposer pour l’instant que de témoignages indirects, principalement des alertes de proches de détenues. Il affirme toutefois recevoir un nombre croissant de signalements faisant état d’arrestations douteuses de migrantes, parfois après des accusations liées à des stupéfiants, suivies de pressions pour signer des contrats avec le ministère russe de la Défense.

Une pénurie de main-d’œuvre militaire révélatrice

Cette pratique met en lumière les difficultés croissantes de la Russie à compenser ses pertes humaines sur le front ukrainien. Malgré la mobilisation partielle et les incitations financières promises aux volontaires, l’armée russe continue de manquer d’effectifs. Le recours à des femmes incarcérées, issues de groupes sociaux particulièrement vulnérables, souligne une dégradation profonde de la politique de recrutement et une volonté d’élargir la mobilisation à toutes les catégories disponibles.

Des organisations de défense des droits humains avaient déjà signalé, dès la fin de 2022, le transfert de centaines de femmes détenues vers les zones de combat. Certaines ont trouvé la mort, d’autres ont été renvoyées chez elles après des grâces individuelles, sans que ces pratiques ne fassent l’objet d’une reconnaissance officielle de la part de Moscou.

Des violations graves du droit international

Le recrutement de détenues étrangères pour participer, même indirectement, à un conflit armé soulève de sérieuses questions juridiques. L’utilisation de personnes privées de liberté, sous pression ou menace, peut être assimilée à une forme de mobilisation forcée, en contradiction avec les principes fondamentaux du droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève. Pour les défenseurs des droits humains, ces faits pourraient constituer des éléments à charge dans de futures procédures internationales contre la Russie.

Cette situation révèle également la vulnérabilité extrême des migrantes d’Asie centrale en Russie, confrontées à un système pénal répressif puis à l’exploitation par l’appareil militaire. Elles deviennent ainsi des victimes successives de la justice pénale et de la guerre.

Une réponse internationale encore limitée

Les autorités d’Asie centrale, en particulier en Ouzbékistan, maintiennent une position officielle de neutralité à l’égard de la guerre en Ukraine et évitent de critiquer ouvertement Moscou. Cette posture complique une réaction coordonnée, même si plusieurs pays de la région ont poursuivi et condamné des ressortissants revenus du front russe. Pour les organisations de défense des droits humains, ces affaires illustrent une zone grise juridique et politique qui profite au Kremlin.

Dans ce contexte, les ONG locales apparaissent comme les principaux relais d’information vers la communauté internationale. Elles appellent à une enquête internationale indépendante sur le recrutement de femmes détenues étrangères et à la reconnaissance de ces pratiques comme des violations graves du droit humanitaire, afin de protéger les victimes et d’établir des responsabilités claires.

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