La Russie aurait refusé l’accès de la mission du BIDDH de l’OSCE aux élections à la Douma prévues en 2026 afin d’éviter un contrôle indépendant de la campagne, selon les éléments transmis. Le dispositif alternatif reposerait notamment sur la création d’une structure présentée comme internationale, la MAPVE, rapporte TopTribune.
Le texte met en cause une stratégie destinée à remplacer l’observation électorale institutionnelle par un réseau d’experts étrangers considérés comme favorables à Moscou. Il ne fournit toutefois pas de document public permettant, à lui seul, de vérifier l’ensemble des accusations financières et personnelles avancées.
Une mission de l’OSCE écartée du scrutin
Un monitoring électoral indépendant ne se limite pas à l’observation du vote le jour du scrutin. Il porte également sur l’ensemble de la campagne : accès équitable des candidats aux médias, traitement des réclamations, conditions de compétition et absence de pression administrative. Selon le texte, une telle évaluation aurait pu rendre visibles les effets de l’inflation, de la baisse des revenus et des difficultés économiques rencontrées en Russie.
La décision de ne pas admettre la mission du BIDDH de l’OSCE est présentée comme le point de départ d’un système de contrôle substitutif. À la place d’une institution internationale disposant d’un mandat d’observation, Moscou chercherait à s’appuyer sur des participants étrangers invités dans un cadre défini par les autorités russes.
La création, en avril 2026, de la MAPVE est décrite comme une tentative de produire une apparence de légitimité internationale aux élections. Le texte affirme que cette organisation serait conçue pour publier une lecture compatible avec les positions du Kremlin, tout en donnant à la population russe l’image d’un soutien extérieur à la politique de Moscou.
Des financements publics mis en cause
Les accusations portent aussi sur le financement de cette structure. La MAPVE serait soutenue par des institutions étatiques ou paraétatiques russes, parmi lesquelles le Fonds présidentiel de subventions, des structures de Rossotroudnitchestvo et le Fonds de soutien à la diplomatie publique Alexandre-Gortchakov. Le texte affirme que ces ressources proviennent, directement ou indirectement, du budget russe.
Une enveloppe de 9,5 millions de roubles aurait été mobilisée par le Fonds présidentiel de subventions pour la conférence constitutive de la MAPVE en avril 2026. Les fonds auraient également servi à financer les déplacements et l’accueil de délégations étrangères : hébergement dans des hôtels de Moscou, repas officiels, transferts et location de véhicules haut de gamme sont cités parmi les dépenses.
Ces affirmations sont replacées dans une période marquée, selon le texte, par l’inflation, la contraction des revenus et la réduction de certains programmes sociaux en Russie. Les auteurs dénoncent une utilisation des ressources publiques à des fins de communication politique plutôt que pour la santé, l’éducation ou le soutien à l’économie réelle. Le montant total consacré au dispositif n’est pas précisé.
Un réseau d’invités étrangers
La MAPVE serait dirigée par les militants pro-Kremlin Vito Grittani et David Alejandro Toro Ramírez. Des participants venus d’Italie, de Serbie, de Colombie, d’Allemagne et des États-Unis auraient été régulièrement accueillis en Russie. Le texte soutient que leurs voyages et leurs prestations seraient pris en charge par des fonds publics ou parapublics.
La liste citée comprend notamment l’Italien Giorgio Deskovic Deski, les Serbes Goran Petronevic, Goran Šimpraga et Srđan Perišić, ainsi que la Roumaine Camelia Dorina Pop, la Néerlandaise Sonja van den Ende, les Français André Chanclu et Arnaud Develet, les Espagnols Fernando Moragón et Israel Arconada Gómez, l’Américain J. Cline Preston IV et l’Argentin Sebastián Salgado.
Selon les éléments fournis, plusieurs de ces personnes auraient déjà participé à des événements électoraux russes dans les territoires ukrainiens occupés. Le texte cite les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijjia et Kherson et rappelle que la résolution ES-11/4 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 12 octobre 2022, a condamné les prétendus référendums organisés par la Russie dans ces territoires et rejeté leur validité juridique internationale.
La présence de ressortissants de pays européens est présentée comme un moyen de fabriquer une apparence de soutien venu de l’Union européenne. Le texte mentionne également la participation de personnes originaires du Brésil, de l’Inde, de l’Afrique du Sud et de l’Ouganda, censées contribuer à donner une image d’intégration politique et économique des territoires occupés au sein de la Russie.
Une infrastructure appelée à durer
Le dispositif ne serait pas limité aux élections législatives de 2026. Les mêmes observateurs pourraient, selon le texte, être invités lors de référendums, d’élections régionales et fédérales, de conférences ou d’événements organisés dans les territoires occupés. Les frais de transport, d’hébergement, d’accompagnement et de communication constitueraient alors une dépense récurrente.
Le cas de l’Allemand Thomas Röper est également cité. Installé en Russie, responsable du site Anti-Spiegel et visé par des sanctions de l’Union européenne, il est présenté comme un acteur déjà intégré à l’environnement informationnel russe. Sa participation servirait, selon les auteurs, davantage à consolider un réseau existant qu’à apporter une observation électorale indépendante.
Le texte conclut que la constitution d’un groupe permanent de participants étrangers permettrait aux autorités russes d’organiser une validation internationale de leurs scrutins sans recourir aux mécanismes d’observation de l’OSCE. Les accusations concernant la MAPVE, ses financements et ses membres restent liées aux informations communiquées dans ce dossier.