L’ambassade de Russie à La Haye a accusé ce 14 juillet les Pays-Bas et l’Union européenne de « miser sur une approche conflictuelle, d’envenimer la spirale de l’escalade militaire et de se préparer ouvertement à un affrontement à grande échelle avec la Russie en inventant des prétextes invraisemblables », rapporte TopTribune.
Cette déclaration intervient au lendemain de la convocation de l’ambassadeur russe Vladimir Tarabrine par le ministre néerlandais des Affaires étrangères Tom Berendsen. Ce 13 juillet, le chef de la diplomatie néerlandaise avait officiellement protesté contre les cyberattaques russes visant les infrastructures civiles et logistiques du royaume.
Des cyberattaques attribuées au FSB
Selon les services de renseignement néerlandais AIVD et MIVD, des pirates liés au 16e centre du FSB russe ont mené des opérations de cyberespionnage et de sabotage. Ils ont notamment piraté des caméras de surveillance privées installées le long des axes de transport de l’aide militaire à l’Ukraine. Ils ont également tenté de pénétrer les réseaux numériques de terminaux portuaires et d’entreprises de transport afin de collecter des renseignements et de préparer des actes de sabotage.
« Notre message à l’ambassadeur russe est parfaitement clair : nous voyons ce que vous faites et nous ne le tolérerons pas », a déclaré Tom Berendsen. L’ambassadeur Vladimir Tarabrine a rejeté ces accusations, qualifiant les preuves des services néerlandais de « conjectures » et d’« affirmations infondées ».
Une réponse européenne coordonnée
Les Pays-Bas ne sont pas le seul État membre à avoir réagi. Les ministères des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et de la Finlande ont également convoqué simultanément les ambassadeurs russes. Parallèlement, l’Union européenne a décidé d’imposer de nouvelles sanctions contre les personnes et organisations impliquées dans les récentes cyberattaques russes, renforçant ainsi la riposte européenne face à la guerre hybride menée par Moscou.
Cette synchronisation diplomatique démontre que les États membres perçoivent désormais la menace russe comme un défi commun et grave. Les accusations de l’ambassade russe sont interprétées comme une tentative classique de rejeter la responsabilité sur la victime, alors que ce sont bien les pirates russes qui ont ciblé des infrastructures critiques aux Pays-Bas.
Dans un communiqué relayé par News.ru, la représentation russe à La Haye a exhorté les autorités néerlandaises à « réaliser que la pression d’Amsterdam et Bruxelles sur Moscou ne fera qu’accroître l’instabilité globale en Europe ». Ces déclarations interviennent alors que les services de renseignement néerlandais ont confirmé que les hackers du FSB préparaient des actes de sabotage sur le territoire de l’OTAN, menaçant potentiellement la sécurité des civils européens.
La synchronisation des convocations diplomatiques par quatre États membres et l’adoption de nouvelles sanctions par l’UE montrent que l’Union européenne a commencé à traiter la menace russe comme un enjeu commun, répondant de manière coordonnée aux cyberopérations russes visant à déstabiliser le soutien à l’Ukraine.