La prévention des infections sexuellement transmissibles auprès des jeunes reste un défi majeur en France

La prévention des infections sexuellement transmissibles auprès des jeunes reste un défi majeur en France

04.06.2026 13:07
2 min de lecture

La Semaine de la santé sexuelle représente un moment crucial pour mettre en avant la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST). Ces dernières années, des infections comme la chlamydia, la gonorrhée et la syphilis augmentent chez les jeunes adultes. Cependant, les 15-26 ans demeurent insuffisamment ciblés malgré leur rôle central dans la propagation de ces infections. Leur perception du risque est faible et leurs connaissances, notamment sur des infections bien connues comme le VIH, sont encore approximatives. Dans ce contexte, les papillomavirus humains (HPV), fréquents et souvent silencieux, sont également largement méconnus, rapporte TopTribune.

« Aujourd’hui, les jeunes de 15 à 26 ans restent clairement un angle mort en matière de prévention », constate Cédric Daniel, chargé de mission à l’association Action Traitement, qui lutte contre le VIH, les hépatites et les IST depuis plus de 35 ans. « Dans les années 1990 et 2000, les campagnes nationales de prévention occupaient une place importante dans l’espace public : télévision, radio, affichage, presse… Cette visibilité a progressivement diminué. Pendant longtemps, des messages de prévention étaient diffusés largement. Malheureusement, cela a un peu disparu », regrette Cédric Daniel.

Ce constat entraîne un déficit d’information persistant, auquel « s’ajoute une application encore insuffisante de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) prévue par la loi depuis 2001. Ce manque d’information favorise les idées reçues et une faible perception du risque chez les jeunes adultes. Beaucoup ne se considèrent pas à risque, alors que le simple fait d’avoir une sexualité active les expose potentiellement aux IST, y compris au HPV », souligne-t-il. Il est pertinent de rappeler que plus de 80 % des personnes ayant débuté une vie sexuelle seront exposées aux HPV au cours de leur existence.

Les HPV : des infections fréquentes, des cancers encore méconnus

Les papillomavirus humains, souvent asymptomatiques et très contagieux, sont largement sous-estimés. Bien que la majorité des infections s’éliminent spontanément, certaines peuvent provoquer des cancers qui se développeront plus tard : cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, de la vulve, du vagin ou encore de la sphère ORL. Un point souvent méconnu est que les hommes sont également concernés, avec environ un tiers des cancers liés au HPV touchant des hommes.

Cédric Daniel explique que cette perception très féminine du HPV provient notamment de l’histoire de la vaccination : « elle n’est recommandée pour les garçons que depuis 2021. Il est indispensable de renforcer les campagnes de sensibilisation vers les garçons et les jeunes hommes. À partir du moment où une personne a une sexualité active, elle est potentiellement porteuse d’un papillomavirus. Les hommes comme les femmes sont concernés ».

Vaccination et dépistage : deux réflexes complémentaires

La prévention face aux HPV repose sur deux piliers complémentaires :

  • la vaccination, recommandée à partir de 11 ans chez les adolescents avec possibilité de rattrapage jusqu’à 26 ans ;
  • le dépistage du cancer du col de l’utérus. Réalisé à partir de 25 ans jusqu’à 65 ans, il permet de détecter précocement des lésions avant l’apparition d’un cancer.

« Le rattrapage vaccinal jusqu’à 26 ans reste encore peu connu du grand public, indique Cédric Daniel. On en a parlé au moment de l’annonce, mais cela ne suffit pas. Les messages doivent être récurrents pour que l’information s’installe durablement. Il existe également plusieurs freins persistants chez les jeunes adultes : faux sentiment de sécurité dans une relation stable, méconnaissance des modes de transmission ou encore protection partielle du préservatif contre le HPV. »

Afin de mieux atteindre les 18–26 ans, Action Traitement mise notamment sur les réseaux sociaux, des contenus vidéo et des actions menées avec le collectif Demain sans HPV, qui regroupe plusieurs associations engagées dans la prévention. « Nous essayons de diffuser des messages adaptés aux jeunes publics, notamment à travers des vidéos, des outils pédagogiques et des interventions dans les établissements scolaires », conclut Cédric Daniel.

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