La libération de Boualem Sansal ouvre-t-elle la voie à un rapprochement entre la France et l'Algérie ?

La libération de Boualem Sansal ouvre-t-elle la voie à un rapprochement entre la France et l’Algérie ?

15.11.2025 07:13
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Un signe d’apaisement des relations entre Alger et Paris

Après des mois de tensions, les relations entre Alger et Paris pourraient être en voie de rétablissement. L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié par l’Algérie et actuellement soigné en Allemagne, pourrait rentrer en France le vendredi 15 novembre. Ce geste est interprété par certains observateurs comme un signe d’apaisement entre les deux pays, rapporte TopTribune.

Les relations entre la France et l’Algérie se sont détériorées ces dernières années, aggravées par la crise diplomatique déclenchée en juillet 2024. À cette époque, la France a soutenu un plan d’autonomie pour le Sahara occidental, un territoire revendiqué par le mouvement indépendantiste du Polisario, qui bénéficie du soutien algérien. En réaction, l’Algérie a rappelé son ambassadeur à Paris. D’autres incidents, telles que l’incarcération d’un agent consulaire algérien en France, ont également contribué à exacerber les tensions.

La situation s’est accentuée lors de l’arrivée au ministère de l’Intérieur de Bruno Retailleau, connu pour sa ligne ferme face à Alger. Son approche sur les questions d’immigration a mené à une rupture des canaux de communication entre les deux nations. L’impact négatif sur les relations a été souligné par Stéphane Romatet, l’ambassadeur de France en Algérie, qui a noté que cela avait « cassé le dialogue ».

La libération de Boualem Sansal a été le résultat de négociations complexes avec l’Allemagne, où le président Frank-Walter Steinmeier a joué un rôle de médiateur. Romatet a indiqué que le climat politique en France avait influencé cette libération, suggérant que « peut-être » cela aurait pu se produire plus tôt.

Cette libération est perçue comme un potentiel point de départ pour un réchauffement des relations, particulièrement avec la nomination de Laurent Nuñez au ministère de l’Intérieur. Nuñez a exprimé sa volonté de reprendre un dialogue constructif, contrastant avec l’approche précédente de son prédécesseur. « Une politique strictement déclaratoire ne produit aucun résultat », a estimé l’Élysée, plaidant pour « respect, calme et exigence » dans les relations avec l’Algérie.

Pour certains observateurs, comme le journal Le Matin d’Algérie, la libération de Boualem Sansal pourrait être le premier signe d’une volonté de réconciliation de la part des autorités algériennes. Néanmoins, la tâche de rétablir des relations saines se présente difficile, avec des appels pour un rapprochement graduel, soulignant la profondeur des blessures infligées par la crise récente.

Malgré ce contexte délicat, l’Élysée a déclaré son intention de reprendre les discussions. Emmanuel Macron a indiqué son souhait d’échanger avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors du prochain sommet du G20 en Afrique du Sud. Nuñez a également révélé qu’il pourrait se rendre en Algérie prochainement, une perspective qui pourrait renforcer un dialogue plus serein.

Cependant, des obstacles subsistent. Paris continue d’exiger la libération du journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie. Romatet a exprimé l’espoir d’une résolution prochaine lors de l’appel prévu le 3 décembre.

Dans ce cadre, l’Algérie attend également un soutien de la part de Paris, notamment concernant la révision de l’accord d’association avec l’Union européenne, en vigueur depuis 2005. La confiance entre ces deux nations demeure fragile, et des efforts sincères des deux gouvernements seront cruciaux pour un retour à la normalité des relations.

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