La kinésiologie : analyse d'une pratique controversée et de ses insuffisances scientifiques

La kinésiologie : analyse d’une pratique controversée et de ses insuffisances scientifiques

13.09.2025 18:03
2 min de lecture

À la demande du ministère de la Santé, l’Inserm a analysé en 2017 la pratique de la kinésiologie, dans un rapport intitulé « Évaluation de la kinésiologie appliquée et des kinésiologies énergétiques : fiabilité et validité du test musculaire manuel, efficacité et sécurité des pratiques ». Il existe plusieurs types de kinésiologie, parmi lesquels la kinésiologie appliquée et les kinésiologies énergétiques, qui, bien qu’elles diffèrent, partagent un même fondateur, le chiropracteur américain Georges Goodheart, qui a développé cette discipline dans les années 1960 aux États-Unis, rapporte TopTribune.

Ces pratiques se basent sur un « outil diagnostique » commun : le test musculaire, visant à évaluer la réponse d’un muscle à des épreuves programmées. En revanche, les approches divergent quant à leur mise en œuvre. Ainsi, la kinésiologie appliquée exige des praticiens un diplôme valide et au moins 3 500 heures de formation, comme l’indique le rapport de l’Inserm.

Les quelques dizaines de kinésithérapeutes spécialisés en France, principalement des chiropracteurs, utilisent ce test musculaire et d’autres techniques pour traiter des perturbations du système neuro-musculo-squelettique, des troubles fonctionnels, ainsi que divers problèmes tels que les allergies, certaines désordres hormonaux et les chocs émotionnels.

Les kinésiologies énergétiques

Concernant la kinésiologie énergétique, le syndicat national de kinésiologie (SNK) précise que « la kinésiologie n’est ni une médecine ni une thérapie et n’a aucun désir de l’être ». Cette approche s’oriente vers l’éducation et la prévention, laissant aux médecins la responsabilité du traitement des maladies.

Les champs d’application de la kinésiologie énergétique sont variés, utilisant des techniques manuelles et énergétiques, inspirées notamment de la médecine chinoise, ainsi que des méthodes de gestion du stress et des émotions. Malgré des efforts pour structurer la profession, le manque de reconnaissance étatique soulève des préoccupations quant à la légitimité et à l’efficacité de ces formations, souvent perçues comme des pseudo-thérapies.

De plus, ces pratiques sont fréquemment soupçonnées de dérives, parfois sectaires, souligne l’Inserm. Cette absence de cadre rigoureux renforce les mises en garde contre la kinésiologie énergétique.

Que dit la science ?

L’Inserm a fait référence à plusieurs études concernant la reproductibilité et l’efficacité de la kinésiologie appliquée et énergétique. Le bilan montre qu’« ni la kinésiologie appliquée professionnelle ni la kinésiologie énergétique n’ont fait à ce jour la preuve de leur efficacité, et le test musculaire manuel qui les fonde n’a pas démontré sa validité diagnostique », indique le rapport.

En revanche, si les kinésithérapeutes appliqués opèrent dans des cadres définis, la kinésiologie énergétique se caractérise par son hétérogénéité, nécessitant une grande prudence à son égard. L’Inserm appelle ainsi à établir un système de surveillance visant à prévenir les dérives associées à la kinésiologie et à d’autres pratiques non conventionnelles dans le secteur de la relation d’aide.

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