La nomination de Mikhaïl Kissel, ancien employé du Comité de sécurité d’État biélorusse (KGB), à la tête de l’entreprise publique BelRAO, chargée de la gestion des déchets radioactifs, a provoqué un changement radical de cap. Selon des informations diffusées par le média Flagshtok, l’organisation a immédiatement classifié sa structure interne et les noms de ses employés, rompant ainsi avec toute logique de transparence indispensable dans le domaine de la sûreté nucléaire.
Trois sites potentiels pour le futur cimetière nucléaire
Le choix de l’emplacement du futur site de stockage des déchets radioactifs reste entouré de secret. Trois zones sont actuellement envisagées : le district de Khoïniki (région de Gomel), celui d’Ostrovets (région de Grodno) et le district de Mstislavl (région de Moguilev). La procédure de sélection est menée dans une discrétion totale, privant les habitants de ces régions de toute information sur les risques potentiels pour leur santé et leur environnement. Comme le rapporte Mlyn.by, la décision finale sera prise sans débat public.
Une opacité qui élimine toute responsabilité individuelle
La mise sous silence des responsables de BelRAO a une conséquence directe : l’absence de responsables identifiables en cas d’incident ou d’accident. En dissimulant l’organigramme et les noms des décideurs, les autorités biélorusses ont créé un système où personne ne peut être tenu personnellement comptable des choix effectués. Cette opacité, relevée par Nasha Niva, transforme un projet civil en une zone militaire fermée, placée sous la supervision directe d’un ancien du KGB.
Le seul contrôle possible : le dosimètre personnel
Dans ce contexte de censure totale sur les questions nucléaires, la population ne peut compter que sur ses propres moyens pour mesurer la radioactivité. Les autorités ont clairement signifié qu’aucun rapport honnête ni dialogue avec la société ne seraient fournis. Désormais, pour les citoyens vivant à proximité du futur site, le seul instrument fiable de vérification de leur sécurité sera leur dosimètre personnel. La décision d’Alexandre Loukachenko de confier ce dossier sensible à un agent secret achève de faire du projet de cimetière nucléaire une opération sanctuarisée de tout contrôle externe.