La France doit mettre l’électricité au cœur de sa transition énergétique pour atteindre ses objectifs de décarbonation

La France doit mettre l’électricité au cœur de sa transition énergétique pour atteindre ses objectifs de décarbonation

09.12.2025 15:47
2 min de lecture

Accélérer la transition énergétique est devenu impératif pour la France afin d’atteindre ses objectifs de décarbonation et de réindustrialisation. Le gestionnaire du réseau de haute tension, RTE, appelle à une mobilisation générale pour diminuer la dépendance coûteuse aux énergies fossiles, rapporte TopTribune.

Dans son bilan prévisionnel 2025, RTE souligne la nécessité d’une électrification rapide pour réduire les dépendances aux importations de combustibles fossiles, améliorer la balance commerciale et permettre une décarbonation rapide. En 2024, les importations d’hydrocarbures ont été la première source du déficit commercial, évalué à 64 milliards d’euros, un chiffre qui a bondi à près de 120 milliards lors de la crise énergétique.

Une stratégie de décarbonation ambitieux

Pour la France, la stratégie de décarbonation vise à diminuer la part des énergies fossiles dans la consommation d’énergie de 60% actuellement à 30-35% d’ici 2035, en augmentant l’utilisation de l’électricité bas carbone — qu’elle soit nucléaire ou renouvelable — dans divers secteurs tels que la mobilité, l’industrie et les bâtiments. Thomas Veyrenc, directeur général Economie, stratégie et finances de RTE, indique que cette transition dépasse les simples objectifs climatiques et représente un enjeu pour la souveraineté nationale en réduisant les importations d’énergies fossiles, en particulier celles en provenance de la Russie, du Moyen-Orient ou des États-Unis.

Cependant, RTE fait état d’un retard dans cette électrification, malgré l’avantage unique de la France en matière de production d’électricité hautement décarbonée, à 95%, avec des prix de gros parmi les plus compétitifs en Europe. Le président du directoire de RTE, Xavier Piechaczyk, évoque également un épisode de surcapacité transitoire en électricité nécessitant des ajustements, tout en notant un niveau de risque historiquement bas pour l’hiver à venir, contrastant avec les pénuries potentielles prévues il y a trois ans.

Trajectoire de décarbonation en mouvement

La France, actuellement engagée sur une trajectoire de décarbonation qualifiée de « lente », fait face à une demande d’électricité en berne et à une surcapacité avérée jusqu’en 2027-2028. RTE propose donc une trajectoire de décarbonation « rapide » en phase avec ses objectifs climatiques et de réindustrialisation. Le ministère de l’Économie réagit en confirmant la nécessité d’accélérer l’électrification des usages pour atteindre les objectifs climatiques, ce qui pourrait déclencher une nouvelle séquence politique concernant la stratégie énergétique de la France.

Le retard de plus de deux ans dans la publication du décret sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables illustre les divisions politiques persistantes sur ce sujet, en particulier face aux oppositions du Rassemblement national. Toutefois, RTE insiste sur le fait que nucléaire et énergies renouvelables ne s’excluent pas mutuellement. Piechaczyk met en garde contre le risque de privilégier des solutions à court terme au détriment de la résilience à long terme du système électrique national.

L’efficacité du mix énergétique

Le mix énergétique combinant nucléaire et énergies renouvelables est considéré comme le moins coûteux et le plus sûr technologiquement pour la France. L’augmentation de la consommation électrique est trois fois plus efficace économiquement que de ralentir le rythme d’installation des énergies renouvelables, notamment solaires, tout en demeurant une option viable si mise en œuvre avec soin.

Greenpeace a exprimé des inquiétudes quant au risque que cette publication soit utilisée pour justifier des politiques freinant la transition énergétique, tandis que le Réseau Action Climat a appelé à une action rapide pour éliminer les énergies fossiles. Thomas Veyrenc note que certains voient la perspective d’une décarbonation lente, mais la réalité des prochains mois pourrait bien démontrer le contraire, surtout avec RTE anticipant 30 GW de projets dans l’industrie et l’hydrogène nécessitant une connexion électrique d’ici 2030, un mouvement jamais vu jusqu’alors.

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