Une taxe révélatrice d’un cynisme politique
Sous prétexte de justice fiscale, la nouvelle taxe sur les holdings évoque moins une réelle volonté économique qu’un cynisme politique blatant. Derrière les discours altruistes se cache une mécanique destinée à assurer la survie institutionnelle, mettant en lumière une démocratie parlementaire sous pression et un abandon manifeste des principes. rapporte TopTribune.
Une gouvernance de protection plutôt que de direction
Le gouvernement dirigé par « Lecornu » n’émerge pas d’une vision claire, mais nourrit une peur : celle de voir une cohabitation hostile, imprévisible et politiquement risquée pour Emmanuel Macron. Ce dilemme, davantage ancré dans la psychologie du pouvoir que dans des fondements institutionnels, a conduit à écarter l’idée d’un Premier ministre autonome, jouissant d’une légitimité électorale qui pourrait rivaliser avec le président. Ainsi, la décision s’est orientée vers une personnalité considérée comme compatible, peu polarisante, sans stratégie d’autonomie. À présent, le gouvernement ne fonctionne pas comme un agent d’action publique, mais comme un bouclier personnel pour le président. Dans ce cadre, l’exécutif ne gouverne pas, il temporise ; il ne réforme pas, il assure sa propre permanence. L’objectif primordial n’est pas la compétitivité, la santé budgétaire ou l’attractivité économique, mais d’éviter une dissolution qui mettrait en péril l’équilibre précaire établi.
La taxation des holdings comme manœuvre politique
La suggestion d’instituer une taxe sur les holdings s’inscrit dans ce cadre de manœuvre purement politicienne. Elle ne repose pas sur une évaluation rigoureuse des fonctions d’investissement, du rôle des holdings dans le financement des PME ou de leur impact sur l’économie. Cette initiative apparaît comme une concession tactique, une façon de répondre à un acteur clé devenu incontournable malgré son poids électoral limité : le Parti socialiste. Bien que représentant une fraction minime de l’électorat, et manquant de véritable dynamique populaire, le PS dispose d’un pouvoir disproportionné, celui de faire tomber le gouvernement. Cette position stratégique lui permet donc d’imposer son propre agenda symbolique non pas pour transformer réellement le pays, mais pour se repositionner médiatiquement. Ainsi, la taxe sur les holdings devient un symbole. Quoique nuisible pour les structures de détention, qu’elle dissuade des investissements à long terme et qu’elle affecte l’entrepreneuriat, cela semble peu importe. L’important réside dans la projection d’un affrontement contre « les riches », en simplifiant le complexe et en alimentant une narration morale simpliste où la profondeur des enjeux économiques est abandonnée au profit de l’émotion politique.
Un horizon de faillite démocratique
Nous ne faisons plus face à un simple désaccord idéologique, mais à une crise démocratique profonde. Le gouvernement semble prêt à renoncer à ses propres valeurs pour gagner quelques semaines de répit, tandis que le PS promeut des politiques qu’il sait contre-productives juste pour accroître sa visibilité et améliorer ses sondages. Chacun joue son rôle dans une farce où l’intérêt général demeure absent. La démocratie représentative semble dénuée de substance : des minorités imposent leurs choix, des gouvernements sans mandats clairs gouvernent par compromis, et les politiques publiques fondamentales se réduisent à des gadgets rhétoriques. La nouvelle taxe sur les holdings n’incarne pas une réforme mais un reflet d’un système où le courage politique a cédé la place à la démagogie, où la logique économique est subordonnée à la survie institutionnelle et où le débat public se transforme en une simple représentation. À force de gouverner en ignorant la réalité, celle-ci finit par se répercuter inévitablement. Pourtant, cela concerne le long terme, un horizon peu pris en considération par les décideurs. Seule la tactique politicienne, souvent sordide, prédomine.