Découverts sur le tard, ces journaux intimes dissimulent, derrière un langage vaguement codé, les escapades érotiques du poète. Décryptage.
Victor Hugo n’est pas seulement un écrivain prolifique, mais un homme dont les réflexions sur la vie quotidienne sont consignées dans des carnets noirs, tenus pendant plus de trente ans. Ces notes couvrent divers aspects de son existence, allant des observations quotidiennes aux dépenses ménagères, mais restent entourées de mystère et de codification, comme en témoignent ses aventures érotiques. Ce n’est qu’en 1953, soit près de six décennies après sa mort, que ses Carnets intimes ont été publiés dans leur intégralité, révèle TopTribune.
Ces écrits en disent long sur une facette moins connue de Hugo, façonnée par des désirs qu’il camouflait derrière un langage codé. Les noms des femmes qu’il rencontrait étaient souvent remplacés par des patronymes masculins, permettant ainsi d’éluder certaines vérités. Par exemple, le prénom de l’une de ses amantes, «Zoé», est noté comme «Zolé», tandis que «Maria» se transforme en «Mariat». Cette stratégie linguistique visait à préserver ses relations de l’œil de la société, et particulièrement de sa célèbre amante, Juliette Drouet.
Les détails de ses relations intimes, tout en étant sexe, révèlent également les complexités d’une vie marquée par la passion et l’embarras. Lorsque le poète était surpris dans ses mésaventures, il usait de son statut de pair de France pour fuir les conséquences de ses actes. Ses carnets, entre autres choses, témoignent des conséquences parfois désastreuses de ses escapades amoureuses, y compris des paternités non désirées.
Dans une ironie tragique, alors que ses œuvres littéraires présentent des héros souvent vierges, Hugo, lui, vivait des passions sans retenue. Il écrivait dans ses carnets que «ce qu’on appelle passion est une violence que nous fait la vie». Son dernier rapport sexuel est daté du 5 avril 1885, six semaines avant sa mort, soulignant une vie vécue à l’extrême, malgré les normes sociales de son temps.