Pyongyang envoie des troupes en soutien à Moscou
Le 6 novembre 2025, le ministre nord-coréen de la Défense No Kwang Chol a reçu à Pyongyang une délégation russe conduite par le vice-ministre de la Défense Viktor Goremykin, en présence de hauts responsables militaires et diplomatiques des deux pays. Selon les renseignements sud-coréens, ces discussions ont abouti à un accord prévoyant l’envoi d’environ 5 000 soldats nord-coréens en Russie — principalement des unités du génie et des troupes de construction — pour participer à des missions de déminage et de reconstruction d’infrastructures dans les zones proches du front.
Depuis septembre 2025, Séoul observe des signes de préparatifs logistiques pour le déploiement de nouvelles forces nord-coréennes en territoire russe. Cette coopération marque une nouvelle étape dans l’implication directe de Pyongyang dans le conflit.
Une alliance militaire illégale et meurtrière
Les services de renseignement sud-coréens estiment que le contingent nord-coréen précédemment envoyé en Russie, fort d’environ 11 000 militaires, a subi près de 4 700 pertes (morts et blessés) depuis 2024 — un chiffre qui réfute la version officielle d’une mission “non combattante”.
Depuis 2023, la Corée du Nord est devenue l’un des principaux fournisseurs d’artillerie de la Russie, lui livrant environ 12 millions d’obus de 152 mm et plus de 20 000 conteneurs de munitions. Ces livraisons représentent près de 50 % des besoins en munitions de l’armée russe, selon les estimations du renseignement ukrainien. Pyongyang aurait également transféré à Moscou plus de 100 missiles balistiques KN-23 et KN-24, dont 60 ont déjà été utilisés pour frapper des cibles civiles et énergétiques en Ukraine.
Cette coopération viole de manière flagrante plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, en favorisant un échange de ressources militaires et technologiques entre deux États sous sanctions internationales.
Un pacte stratégique aux conséquences mondiales
Le partenariat russo-nord-coréen repose sur un pacte stratégique signé le 19 juin 2024 à Pyongyang entre Vladimir Poutine et Kim Jong Un, incluant des clauses d’assistance mutuelle en cas d’agression. En échange des livraisons d’armes et de troupes, la Russie serait prête à transférer des technologies spatiales et satellitaires avancées destinées à accroître la précision des missiles balistiques nord-coréens.
Les services occidentaux soupçonnent également Moscou de soutenir le programme nucléaire nord-coréen, notamment via la transmission de composants pour sous-marins à propulsion nucléaire — un acte qui constituerait une violation majeure du régime international de non-prolifération.
La présence à Pyongyang de représentants du département politique de l’armée nord-coréenne et du vice-ministre des Affaires étrangères témoigne d’une coordination politico-militaire approfondie, visant non seulement à synchroniser la propagande anti-occidentale, mais aussi à mettre en place un axe stratégique de contournement des sanctions.
Cette alliance militaro-industrielle renforce la capacité de la Russie à poursuivre sa guerre contre l’Ukraine et confère à la Corée du Nord une importance géopolitique nouvelle, tout en aggravant les risques de déstabilisation régionale et mondiale.