La circulaire de Bruno Retailleau sur les violences urbaines exclut les journalistes, le SNJ saisit le Conseil d’État

La circulaire de Bruno Retailleau sur les violences urbaines exclut les journalistes, le SNJ saisit le Conseil d’État

05.09.2025 19:13
1 min de lecture

A quelques jours des contestations sociales du 10 septembre, le ministère de l’Intérieur publie son nouveau Schéma national des violences urbaines. Ce document exclut les journalistes des zones de violences urbaines ou de manifestations violentes, une décision qui soulève de vives inquiétudes parmi les journalistes. Les syndicats dénoncent une atteinte grave à la liberté d’informer, rapporte TopTribune.

Le Schéma national des violences urbaines, long de 52 pages, détaille les actions des forces de l’ordre lors des émeutes. Les syndicats de journalistes ont réagi fermement, signalant que le document stipule explicitement que « la prise en compte du statut des journalistes […] ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines », ce qui équivaut selon eux à interdire la presse dans certaines manifestations.

Un guide d’action contesté

Ce document, présenté comme un manuel opérationnel pour les forces de l’ordre, contient des procédures détaillées, tableaux de suivi, fiches techniques et schémas d’organisation des interventions, visant à encadrer toutes les étapes de la gestion des opérations. « Le ministère de l’Intérieur affirme que le document doit répondre à toutes les situations de violences urbaines, y compris les émeutes insurrectionnelles. Cela ouvre la porte à un usage dérogatoire lors de pratiquement toutes les manifestations », prévient Soraya Morvan-Smith, secrétaire générale adjointe du SNJ-CGT.

Une menace pour la liberté d’informer

Cette exclusion constitue une « zone d’ombre » dangereuse pour les syndicats. Soraya Morvan-Smith souligne : « Un journaliste est-il interdit d’avoir accès à certaines zones en France, qui sont pourtant sur la voie publique ? Pour nous, c’est une grave atteinte à la liberté d’informer. » Elle met également en garde contre les risques encourus par les journalistes sur le terrain : « Ils peuvent être tabassés par la police ou par des manifestants. Il peut y avoir des arrestations de journalistes tandis qu’ils exercent leur métier. »

Recours devant le Conseil d’État

Face à ce qu’ils perçoivent comme une atteinte à la liberté de la presse, le SNJ a annoncé avoir mandaté un cabinet d’avocats pour déposer un recours en urgence devant le Conseil d’État. « Nous devons vraiment peser de tout notre poids sur ce qui nous paraît vital, car c’est un recul pour notre société démocratique », conclut Soraya Morvan-Smith.

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